Actualité bioéthique

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Mon silence avec Marie-France

 

Une vieille amie, Marie-France, m’avait questionné sur l’actualité bioéthique. Je ne lui avais rien répondu d’articulé. J’avais eu tort. Pour réparer cette omission, je mets en ligne ce soir une conférence du 13 novembre 2009 sur « Contrainte et homicide. La responsabilité morale des militaires ».  

Marie-France va peut-être penser que je ne lui réponds pas, ou que je me moque d’elle. Cette fois, c’est elle qui aurait tort. Quand on parle de responsabilité des militaires, ce qui est posé, c’est de la question de l’homicide.  Eh bien, pour la bioéthique, c’est pareil.  

Si donc je dis quelque chose de fort et de sensé sur le problème de l’homicide en guerre, je suis sûr, indirectement, d’apporter quelque chose au débat bioéthique.  

J’aimerais que Marie-France me dise ce qu’elle en pense.     

 

Mon dialogue avec Dominique le matheux  

 

Un autre ami, vrai de vrai, c’est Dominique, un collègue chercheur. Il  m’interroge hier à brûle pourpoint :  

Dominique : « Et la bioéthique ? » 

Moi (Henri) : « Toi aussi ? Mais vous vous êtes tous passé le mot ! »  

D : « Non, mais Marie-France m’a raconté. Pourquoi ne dis-tu rien ? La révision des lois de bioéthique approche. La société se pose des questions : recherches sur l’embryon, assistance à la procréation, thérapie génique, mères porteuses, etc. Tu diriges un pôle d’éthique, tu sers à quoi si tu ne dis rien ? » 

H : « Marie-France plus Dominique = Henri placé devant sa responsabilité. » 

D : « Là, tu me fais plaisir. Alors que dis-tu ? » 

H : « D’abord que mon devoir est de répondre. Autrement, je me déroberais à ma responsabilité. » 

D : « Très bien. Mais encore ? Que dis-tu sur ces sujets ? » 

H : « Ne t’imagine pas que je me dérobe. Mais tu es un scientifique. Je te réponds donc d’abord : ‘Pas d’empirisme !’. » 

D : « Accordé. Recul et hauteur. » 

H : « Exactement. Pas trop vite dans les questions particulières, ni dans le détail des faits. Détour par l’essentiel. » 

D : « Définitions et principes. » 

H : « Exactement. » 

D : « C’est la première condition de l’esprit scientifique. » 

H : « C’est aussi la première forme du bon sens moral et de la clarté de conscience. » 

D : « Alors allons-y. »  

H : « OK. Que sont ces questions dont tu parlais ? » 

D : « Des questions d’éthique. » 

H : « Oui, si on le dit en grec. Si on le dit en latin, ‘des questions de morale’. » 

D : « Peut-on résoudre des questions de morale rationnellement ? »  

H : « C’est exactement la question. Réponse : oui, s’il existe des principes moraux universels. Autrement, non. » 

D : « Y en a-t-il ? » 

H : « Pas si vite. Que sont des principes moraux universels, pris tous ensemble ? » 

D : « Laisse-moi réfléchir. Une loi morale ? » 

H : « Exactement. Donc, à la question : "Peut-on résoudre ces questions raisonnablement ?" la réponse est : … » 

D : «  Oui, s’il y a une loi morale. » 

H : « Et voilà. » 

 

Et que dit-on aux parlementaires ?

 

 

D : « Je suis d’accord. Maintenant que fais-tu ? Que dis-tu aux parlementaires ? » 

H : « Je leur demande : ‘Mesdames et Messieurs, y a-t-il une loi morale universelle ?’ » 

D : « Et qu’est-ce qu’ils répondent ? » 

H : « A ton avis ? » 

D : « Trois cas de figure. Cas n° 1, ils disent qu’il n’y en a pas. » 

H : « Alors qu’ils décident n’importe quoi et que le plus fort impose son arbitraire ; et qu’ils ne nous parlent pas de démocratie. » 

D : « Cas n° 2 : ils répondent qu’ils n’en savent rien. »  

H : « Ils devraient avoir honte. Faire métier de décideur sans principe de décision, c’est imposture. » 

D : « Cas n° 3 : il y en a une. » 

H : « Alors tâchez de l’appliquer. »  

D : « Mais y en a-t-il une ? »   

H : Tu reviens au cas n° 2. Oui, il y en a une. C’est ce que j’ai dit aux militaires. » 

D : « Et tu en es sûr ? » 

H : « Oui. Parce que c’est sûr. » 

D : « Explique-moi. » 

H : « T’as qu’à lire ce que j’ai mis en ligne pour Marie-France. » 

D : « Tu ne veux pas me dire ? » 

H : « Si, mais tu es matheux. Sans un tableau et une craie, les maths, c’est du pipeau. Pour l’éthique, c’est pareil. Le savoir s’écrit. L’éthique aussi est un savoir : parce qu’il y a de l’expérience morale, du raisonnement moral, des principes moraux. » 

D : « Alors, je lis et je te réponds. Par écrit. » 

H : « Forcément. C’est comme ça qu’il faut faire. » 

D : « C’est comme ça qu’on se libèrera des pipeauteurs. » 

H : « Peut-être, un jour. »              

 

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