Quarante pensées sur les valeurs et leur transmission. Pensées 1 à 10.

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Voici des pensées sur les valeurs et leur transmission, au moment où je publie deux livres, le premier intitulé La formation des décideurs. Méditations sur un humanisme qui vient, et le second Habiter notre Nature. Ecologie et humanisme (Mame, 2018).

 

 Pensée 1 : Quand j’étais étudiant, au sujet des valeurs, on m’apprit à distinguer radicalement valeur et prix. Les personnes sont des sujets, elles sont une valeur, me dit-on ; les choses sont des objets, ils ont un prix. Kant dixit. Je compris plus tard que cette approche moraliste et moralisante n’était pas satisfaisante.

 

 

Pensée 2 : En vérité, chaque bien quel qu’il soit, possède une bonté qui peut faire l’objet d’une appréciation – mot dans lequel il y a prix, et synonyme d’évaluation – mot dans lequel il y a valeur. Nous pouvons comparer la bonté d’un bien à celle des autres, peut-être pas mesurer exactement, mais certainement classer par ordre de préférence, en général ou dans chaque situation. Est donc appelé valeur tout ce que l’Homme, hors de lui-même ou en lui-même, et y compris lui-même tout entier, reconnaît comme un bien et à quoi il attache une valeur, qu’il compare, mesure, évalue, apprécie.

 

 

 

Pensée 3 : Il est vrai que le mot « prix » ne désigne que le prix, et que ce prix en lui-même n’a pas de valeur. En cela, le mot « valeur » est différent : il désigne à la fois le bien et son prix, ou encore le bien portant avec lui sa mesure de bonté, mesurée, appréciée, évaluée. Le concept de valeur embrasse donc à la fois une bonne et belle chose (une valeur), et aussi le  prix qu’on est disposé à donner pour elle, qui est la valeur de ce bien (sa valeur). Nous parlons ainsi de valeur quand nous pensons en même temps à la bonté d’un bien et à la mesure de celui-ci. Lui reconnaître une valeur, c’est être disposé à sacrifier quelque chose, et parfois beaucoup, pour l’obtenir, « à tout prix ».

 

 

Pensée 4 : Est-ce à dire qu’il n’y aurait pas de différence entre une valeur et un prix ? L’étymologie nous suggère qu’il existe une telle différence, car « prix » appartient au registre des choses du commerce, « valeur » à celui de la santé, du courage et des vertus. Ce que l’étymologie suggère, la réflexion nous le confirme.

 

 

 

Pensée 5 : Un prix, par définition, semble être une grandeur finie, limitée. Au contraire, nous parlons de valeur quand le prix peut ou doit monter jusqu’à l’infini. C’est parce qu’il y a des valeurs en jeu que les prix, sur certains marchés, ou en certaines circonstances, peuvent monter indéfiniment : par exemple, certaines œuvres immortelles sur le marché de l’art, ou le pain sur le marché noir des denrées en temps de famine. Car ici sont en jeu, respectivement, la beauté et la vie.

 

 

 

Pensée 6 : La vie est une valeur, sans doute parce qu’elle fournit le cadre où nous pouvons découvrir les autres valeurs et en vivre. Elle participe sans doute aussi à la valeur de l’être même. Mais la vie n’est pas la valeur suprême, puisqu’on peut sacrifier sa vie pour quelque chose d’autre, et qui vaut donc plus qu’elle.

 

 

Pensée 7 : Un grand médecin spécialiste américain de la dépression, Philip Gold, me disait un jour qu’un enfant, pour la solidité de son équilibre psychique, avait besoin de savoir que quelqu’un l’aimait inconditionnellement et au point, s’il le fallait, de mourir pour lui. L’amour va jusque-là, si c’est vraiment l’amour.

 

 

 

Pensée 8 : Les hautes valeurs sont constitutives de l’amitié, de la philia, qui est la valeur matricielle, la définition même du bien. L’essence de la philia est universelle et se laisse exposer, mais elle ne se concrétise que dans sa double relation à l’éros et à l’agapè.

 

 

 

Pensée 9 : Aristote disait : « Il n’y a pas de différence entre un véritable ami et un parfait homme de bien. » Un véritable ami donne de bons conseils, rend généreusement service et de façon désintéressée, ne commet aucune injustice envers son ami, l’estime et le respecte, le défend avec courage. Le système des valeurs morales est inclus dans la logique de l’amitié.  

 

 

Pensée 10 : Les Valeurs, ce sont le Bien lui-même, valeur suprême ; puis l’Homme qui, Décideur, est relié au Bien – l’Homme avec sa nature et sa personne ; ensuite, la philia qui est la loi première de la nature humaine réfléchie ; enfin, tout ce qui existe ou peut exister sous cette loi ou en cohérence avec elle.

 

Pensées 11 à 20.

Pensées 21 à 30.

Pensées 31 à 40.


 La formation des décideurs. Méditations sur un humanisme qui vient.

 La formation des décideurs. Méditations sur un humanisme qui vient.

 https://www.laprocure.com/formation-decideurs/9782728924462.html

 

Habiter notre Nature. Ecologie et humanisme  

Habiter notre Nature. Ecologie et humanisme. 

 https://www.laprocure.com/habiter-nature-ecologie-humanisme-henri-hude/9782728924530.html

 

 

 

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