Quelques pensées sur "La joie de l'amour" (2)

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Pour continuer dans de bonnes conditions notre lecture de La joie de l’amour, il faut un article pour replacer ce texte et sa réception dans le contexte du monde présent. Le voici.

 

 

 

Les catholiques de gauche et Wojtyla ; les catholiques de droite et Bergoglio

 

 Voici presque quarante ans, l’élection de Karol Wojtyla fut pour les « catholiques de gauche » un choc déstabilisant. Polonais, Jean-Paul II avait l’expérience du « socialisme réel ». Il ne se laissait pas impressionner par le prestige de l’idéologie marxisante alors hyper-dominante à l’Ouest. Et le communisme a disparu. Ce fut l’occasion d’une grande clarification : certains catholiques marxistes ont cessé de se dire catholiques, mais les catholiques sincères de culture marxiste sont restés catholiques, et ce pape les a amenés à approfondir leur foi et leur pensée politique.

Un phénomène analogue se produit aujourd’hui, suite à l’élection de Jorge Bergoglio. Argentin, François a l’expérience du « libéralisme réel ». Il ne se laisse pas impressionner par le politiquement correct et par l’idéologie à la mode (individualiste, relativiste, libertaire, etc.). Au contraire, car il en voit toutes les applications, aussi dans les domaines de l’argent et du pouvoir, et pas seulement la destruction de la famille.

Devant ce Pape populaire, beaucoup de « catholiques conservateurs » sont déstabilisés. Et comme autrefois avec les catholiques de gauche, une clarification doit avoir lieu. C’est un combat spirituel dans l’âme de chacun. Nous n’en connaissons pas encore l’issue. Certains perdront peut-être la foi en Rome. Mais, beaucoup d’autres, espérons-le, se poseront mieux les questions de justice économique et politique. Ils approfondiront et purifieront leur amour de l’ordre et leur respect de la vérité, qui sont des valeurs fondamentales. 

De même que Jean-Paul II a lancé son évangélisation sans aucune soumission à l’idéologie marxiste dont il pressentait la fin, de même François conçoit son évangélisation dans un monde où l’idéologie libérale va probablement disparaître. Pas la liberté d’entreprendre ou la propriété privée, ni la liberté de réfléchir, bien entendu, mais cette idéologie qui détache l'individu du bien commun et la liberté du bien qui doit en être la norme ; et qui, en conséquence, subordonne l’Homme à l’argent, soumet le travail et l’économie à la finance accaparée. C’est en cela que le pape est prophétique. Prophétie, nous le verrons, très raisonnable.

François a en horreur la subordination inique de l'Homme à l'argent, du travail et de l’économie à la finance centralisée par une aristocratie d’argent. Là encore, un tri et un approfondissement vont se produire. Car beaucoup de catholiques conservateurs, qui luttent contre le libéralisme idéologique, s’engageant par exemple contre le mariage homosexuel, ne se rendent pas compte qu’ils sont solidaires de cette même idéologie par toute une part d’eux-mêmes. C’est cette incohérence qui démonte leur crédibilité et condamne à l’échec l’évangélisation. Donc, ceux des conservateurs qui sont sincèrement catholiques et qui parviendront à écouter le pape, vont approfondir leur pensée. Ils vont se rendre compte qu’ils ne voyaient qu’une partie (sur deux, ou [1]trois) du problème libertaire, et que s’ils parviennent à les prendre toutes en compte, leur témoignage gagnera beaucoup en crédibilité.

 

 

 

L’évangélisation des peuples par François

 

François a réussi en peu de temps à conquérir le cœur de l’immense majorité du peuple dans toutes les nations. C’est un fait. Pour quelle raison ? Parce que les peuples, d'instinct, aiment le Christ ; et aussi, parce que François a parfaitement analysé ce qui séparait de l’Église tout ce peuple ; et enfin, parce que les circonstances sont redevenues très favorables : 1° la disparition du communisme, 2° le discrédit du libéralisme, 3° la dérive fanatique dans l’islam, créent les conditions d’une ré-évangélisation massive des peuples déchristianisés, mais aussi d’une expansion sans précédent du christianisme dans les espaces musulmans.

Encore faut-il que François soit compris et suivi par ce qu’on peut appeler l’élite catholique NOTE[2], notamment dans les pays européens. C’est pourquoi l’effort des grands médias vise à créer dans cette élite catholique une méfiance envers le pape. Il s’agit d’empêcher cette élite de se mettre au service des peuples, en même temps que sur un autre plan, les médias font le forcing pour essayer de discréditer l’Église auprès des masses. Car, les élites catholiques se mettant au service des peuples dans les démocraties et dans les économies, telle est la première condition pour la crédibilité morale de l'évangélisation et aussi pour la réforme indispensable de nos pays.

Cela ne veut pas dire remettre en selle le communisme ! Cela signifie qu’il faut pouvoir gagner sa vie avant de pouvoir fonder une famille. L’hymne à la famille dans le Psaume 128, 1-6, commenté par François, parle de travail avant de parler de conjoint et d’enfants. « Du labeur de tes mains tu te nourriras. » (Amoris laetitia, n°8). Application pratique : « (…) le chômage et la précarité du travail deviennent une souffrance (…) ; la société vit cela tragiquement dans beaucoup de pays. » Le chômage affecte de bien des façons la « sérénité des familles. » (A.L.,n°25)

« Tragiquement. » C’est vrai. Il faut accepter de le reconnaître, de se laisser toucher et d’agir en conséquence. La présentation du message du Christ sur le mariage acquiert sa crédibilité quand elle s’accompagne d’une action généreuse et convaincante en faveur de cette « existence sereine » du couple et de la famille du point de vue économique. De plus, cette présentation doit se faire dans une ambiance de miséricorde, de fraternité et d’humilité joyeuse, avec compréhension pour les difficultés de la vie écrasée par ces conditionnements, avec un regard positif et admiratif pour tout ce qui, malgré tout, demeure de beau, dans tant d’existences mutilées par la barbarie libertaire. Bien sûr qu’il y a le péché et la responsabilité personnelle, mais aux yeux du Christ, nous sommes tous des « femmes adultères » (Jn. 8, 1-11) et nous ne sommes pas sauvés par nos mérites.

Pour ces raisons, quel serait l’obstacle majeur à l’évangélisation, aujourd’hui ? Des élites catholiques aveuglées par des préjugés de classe, méprisant l’enseignement de François et  dont l’engagement politique se réduirait à « jeter des pierres » moralisatrices aux peuples, sur ce qui fait sa souffrance et son asservissement[3].  

 

 

 

L’usure de l’idéologie libérale et l’opportunité pour l’évangélisation

 

Pour ne parler que de la France, l’élite catholique en France ne se rend pas encore bien compte de la situation exacte du libéralisme dans le monde. Pour comprendre l’usure du libéralisme, voyez les États-Unis, son cœur, le lieu où il devrait être le plus puissant, le centre de son empire. Jetons un œil sur les élections primaires dans ce pays.

Chez les démocrates, Hillary Clinton est la candidate de la ploutocratie. Soutenue par les Noirs américains à cause du crédit de Barack Obama, elle sera peut-être sauvée in extremis par le gong et le papy-boom. Bernie Sanders, qui fait maintenant jeu égal avec elle dans le pays, reçoit désormais les votes de 80% des démocrates de moins de 30 ans et de 66% des moins de 40 ans, alors qu’il se dit socialiste, ce qui signifie extrême gauche aux États-Unis. Moins de trente années après la fin de la guerre froide, on mesure le chemin parcouru. Sanders ou l’un de ses successeurs pourrait bien être pour l’Empire américain ce que Gorbatchev a été pour l’Union soviétique.

Chez les Républicains, Jeb Bush, fils et frère de président, candidat idéal de la ploutocratie, a été balayé, d’emblée ; puis Marco Rubio, sénateur de Floride, auquel elle s’était ralliée faute de mieux, a dû jeter l’éponge ; enfin, face à Trump, candidat antisystème, elle en est réduite à soutenir le sénateur Cruz, un opportuniste, et à placer tous ses espoirs dans une manipulation de la convention républicaine par les apparatchiks.

Ces bouleversements au cœur de l’Empire sont beaucoup plus importants que le 21 avril 2002 en France.

 

 

 

 

 

Les nouveaux pharisiens ?

 

Des changements politiques et spirituels majeurs sont en cours. Il en résulte que le catholicisme en France sera inaudible au peuple pour encore une voire deux générations, si les élites catholiques ont jusqu’au bout, par timidité, complicité, ou paresse, toléré sans rien dire les abus de l’argent comme structure de péché ainsi que l’immobilisme de la social-démocratie qui condamne le peuple à la pauvreté. Le tout en se donnant l’illusion d’être morales en jetant la pierre aux « femmes adultères » d’aujourd’hui (expression expliquée dans A.L., n°27). Comment ne pas voir que la majorité sont des victimes malheureuses et paumées des théories libertaires ?

Relisons tous, y compris l’auteur de ces lignes, l’Evangile de Saint Matthieu (chapitre 23). « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous ressemblez à des tombeaux blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d'ossements de morts et de toute espèce d'impuretés. Vous de même, au dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais, au dedans, vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquité. » Mesurons l’incroyable dureté avec laquelle Jésus condamne les scribes et les pharisiens : « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous fermez à clé le royaume des Cieux devant les hommes ; vous-mêmes, en effet, n’y entrez pas, et vous ne laissez pas entrer ceux qui veulent entrer ! »

Demandons-nous si, par des jugements trop rapides sur la moralité d'actes humains dans le domaine familial, et par une totale acceptation des cadres économiques, financiers, politiques et administratifs dans lesquels nous vivons tous, nous ne pouvons pas parfois apparaître et surtout être comme de nouveaux pharisiens. 

Bien entendu, la charité ou la miséricorde ne consistent jamais à nier la vérité, ni le péché. La miséricorde ne consiste pas non plus à dire à l’élite qu’elle fait très bien, qu’elle s’engage et qu’elle est courageuse, alors qu’elle est aveugle à l’injustice et qu’elle ne fait pas le travail de réforme politique qu’elle seule est en mesure de faire. Cela, c’est se raconter des histoires.

Il n’y a donc pas lieu de répondre à l’exhortation du pape par une crainte de voir changées ou la doctrine ou la morale. Car ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Il s’agit simplement et d’abord d’être crédible et intelligible. 

Ne nous comportons pas envers François comme les pharisiens se sont comportés envers le Christ.

Cette hypocrisie est par ailleurs l’exact inverse de celle de la gauche bobo. Elle se donne l’illusion de la moralité (idéologique) en promouvant la destruction libertaire de la famille, pensant faire oublier qu’elle a trahi les intérêts économiques et démocratiques des classes populaires. Et heureusement, il y a maintenant de ce côté-là des gens qui se réveillent et qui voient bien que c’est une dérision, que de donner le mariage homosexuel à un peuple auquel on refuse de donner du travail, et que l’on abandonne à la loi d’airain des oligarchies en tous genres.

 

  

L’élite catholique est là pour servir

 

En ligne avec l’option préférentielle pour les pauvres, l’élite catholique doit donc s’investir dans la défense des intérêts démocratiques et économiques des classes populaires, en rompant avec les vieux réflexes du temps du communisme, et issus de la guerre froide. Cela s’inscrit d’ailleurs dans un effort de renouveau national et démocratique sans précédent, qui concerne tous les citoyens, quelle que soit leur religion. Cela demande aussi un travail économique, législatif et fiscal immense, que seule une élite est capable d’entreprendre. Un tel engagement et un tel travail doivent nécessairement accompagner l’évangélisation.

Dans cette situation, je suis déçu de voir nombre de jeunes catholiques, justement soucieux d’engagement politique, militer pour la famille et la vie de manière trop abstraite, sans préoccupation suffisante pour les conditions de vies de plus en plus précaires d’un peuple qui n’a plus d’avenir économique.

La défense de la vie (A.L., n°83) est probablement de tous les sujets chers (et à raison) aux catholiques français, celui où ils s’y prennent le plus mal. Qu’on me comprenne bien. Beaucoup d’efforts individuels sont admirables. Malheureusement, ils ne pourront jamais déboucher sur un changement structurel, tant qu'ils ne prendront pas place dans une action politique transpartisane plus audacieuse et plus large. Faute de cet appui, l’approche reste trop partiale, trop étroite et pas assez en lien avec l’expérience des Françaises et des Français.

Parmi les questions que l’on oublie de poser, quand on parle d'éthique familiale, n’ayons pas peur de répéter celles-ci : comment peut-on fonder une famille quand on ne peut pas payer un loyer et qu’on est forcé de rester chez papa maman[4] ? Comment peut-on nourrir des enfants, quand on n’a pas de travail[5] ? Comment être largement ouvert à la vie quand on sait qu’on ne pourra jamais acheter plus de 50 mètres carrés ? Et peut-être même pas.

Un système économique où le travail ne permet pas d’élever une famille est profondément immoral. Et prêcher la famille aux pauvres dans ces conditions sans faire en même temps quelque chose pour remédier à des injustices qui crient vers le Ciel, c’est une hypocrisie. Ceux qui installent ce système d’injustice économique portent une grande partie du péché de l’avortement. Quant à ceux qui y vivent bien, qui s’en contentent, et qui font la morale aux gens, ils ne convaincront personne, s’exposant aux reproches de pharisaïsme, de pensée trop superficielle, et bien souvent aussi, d’arrivisme.

Il ne s’agit pas de chercher l’utopie, ni de demander aux gens l’impossible, ni de culpabiliser les chefs d’entreprise, ni de pousser chacun à se mêler de tout, mais que chacun fasse quelque chose, si peu que ce soit, et une prière, pour soutenir un vrai changement. 

La loi Taubira est une aberration qui passera à la trappe avec tout un bloc d’iniquité, le jour où le libéralisme s’effondrera comme le communisme. L’humanité blessée reviendra-t-elle alors à l’Eglise ? Oui, sans aucun doute, mais seulement si l’Eglise sait l’accueillir avec miséricorde. Car ces futurs néophytes, ils et elles auront divorcé plusieurs fois, seront homosexuels, auront été élevés par des parents seuls ou des couples recomposés, auront été blessés par toute sorte de vices. Mais l’Eglise est là pour accueillir, intégrer et guérir les enfants de Dieu, aussi mal en point soient-ils. Comment se préparer à ce grand retour, qui se vit déjà ? Comment gérer dans la durée cette situation inédite ? Comment faire que ce retour à la vie soit autre chose qu’une remise en ordre autoritaire ? Voilà les questions qui me semblent être à l’horizon de l’exhortation du pape.

Comment, dans ces conditions, ne pas comprendre l’effet majeur recherché par le Saint-Père à travers l’inflexion de la pastorale de l’Église ? Il ne nous dit pas : on va changer la doctrine ou je ne sais quoi. Il nous dit : ne vous comportez plus du tout en pharisiens. Ce n’est pas une question d’opinion politique contingente, et ça déborde infiniment une série de questions de théologie morale (qui bien sûr méritent d’être abordées). Cela devient une question de vie ou de mort. 

 

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[1] Le libertarisme de l’argent, c’est l’économie financière folle que nous avons sous les yeux et qui méprise absolument la valeur du travail humain. Le libertarisme du pouvoir, ce sont la manipulation, la propagande et la violence.

[2] NOTE BRÈVE SUR L’ÉLITE. Dans toute société humaine il y a toujours une élite, c’est-à-dire des groupes dirigeants ou influents, qui orientent la politique, l’économie ou la culture. Il y a aussi, dans ces groupes ou en dehors d’eux, des individus dotés d’une excellence ou puissance particulière, d’ordre spirituel ou autre. Même dans une société à idéal égalitaire, il y a une élite égalitaire. L’égalitarisme abaisse le niveau général et favorise l’inégalité. L’égalité réelle consiste en ceci, que l’élite est à la fois ouverte et au service. Les discours anti-élitistes sont donc à la fois justifiés (si l’élite est une caste close sur elle-même et au service d’abord d’elle-même) et sans pertinence (si l’on culpabilise le fait même qu’il y ait une ou des élites). Ce qui précède reste vrai si l’on parvient à élever très haut, ce qui est souhaitable, le niveau général d’un peuple. L’humilité étant une vertu, l’élite doit en être dotée. En faire partie ne justifie donc pas de regarder de haut son prochain. Si l’élite manque d’humilité, elle n’est pas juste et se fait détester. L’humilité ne consiste pas à ne pas voir ses qualités, ou à se sentir coupable de les posséder, c’est-à-dire de les avoir reçues. Tout ceci vaut a fortiori pour la société qu’est l’Église. La véritable élite est celle de la sainteté et elle relativise sans les détruire les hiérarchies institutionnelles légitimes, ou à base de valeurs simplement humaines.  

[3] Cette même racine de l’amour, dans tous les cas, est ce qui me porte à m’opposer à l’injustice qui consiste en ce que certains ont trop et que d’autres n’ont rien ; ou bien ce qui me pousse à contribuer à ce que les marginalisés de la société puissent aussi connaître un peu de joie. Cependant cela n’est pas de l’envie, mais un désir d’équité (A.L., n°96).

[4] « Le manque d’un logement digne ou adéquat » (A.L., n°44).

[5] « La société vit tragiquement dans beaucoup de pays… ce manque de sources de travail affecte de diverses manières la sérénité des familles (A.L.,n°25). » Il s’agit de « créer les conditions législatives et d’emploi pour garantir l’avenir des jeunes et les aider à réaliser leur projet de fonder une famille (A.L., n°43). »

 

Commentaires 

 
0 # Michael Jeaubelaux 2016-04-21 11:20 Merci pour cette éclairage. Il faut en effet se préparer à accueillir tous ceux qui voudront comme le fils prodigue revenir à la Maison du Père… prenons garde à ne pas nous comporter comme le fils aîné… Pensons aussi à l\'accueil de tous les musulmans qui vont se convertir, cela me semble urgent…le \"dialogue\" est souvent prétexte à la couardise et au manque de charité envers ceux qui quittent tout au péril de leur vie pour rejoindre le Christ! Le parcours du combattant imposé par l\'Eglise Catholique pour être baptisé est une absurdité! C\'est le sacrement qui fait le chrétien pas la préparation…d\'abord le sacrement et ensuite l\'enseignement…pour peu qu\'il n\'y ait pas de doute sur la sincérité de la démarche. Répondre | Répondre en citant | Citer
 

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