Où en sont les Valeurs ? Post n°11. Libéralisme et anarchie. Démocratie et "état de nature"

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Pourquoi l’idéologie libérale a-t-elle évolué vers l’anarchisme et la démocratie vers « l’état de nature »?

 

Les idéologies se donnent pour mission d’assurer le règne de la Liberté. L’essence de l’idéologie libérale postmoderne (de l’idéologie privatiste) a été dégagée avec rigueur par le philosophe américain Richard Nozick (dans son livre Anarchy, State and Utopia). Il s’agit de maintenir la société à la limite de l’anarchie et de considérer l’Etat comme une agence privée au service d’une association libre d’individus. Ce libéralisme idéologique n’est pas si éloigné de l’anarchie, terme que reprend Nozick à juste titre. Le communisme méconnaissait ce qu’il y a de personnel dans l’homme et posait la base d’un collectivisme totalitaire. L’idéologie privatiste méconnaît ce qu’il y a de communautaire dans l’être humain, et pose la base d’un individualisme anarchique.

 

Comment s’étonner de voir réapparaître alors des demandes d’identité commune, qualifiées de « populismes » ? Leur forme radicalement particulariste est plus cohérente que les valeurs absolues PC avec une pensée relativiste PC. Le populisme est donc probablement une autre version de l’idéologie privatiste : non plus le privatisme individualiste des privilégiés, mais le privatisme collectif des futurs prolétarisés. Si l’on veut sortir du populisme, il faut sortir du privatisme. Et cela veut dire : retrouver critiquement la raison et un concept fort de la vérité. 

 

Il reste que le totalitarisme s’est discrédité par ses abus, et que, par conséquent, l’idéologie libérale dispose d’un accès privilégié dans tous les esprits modernes. Mais la dégradation de la raison prive le libéralisme de la forte armature morale, dont il a pourtant besoin pour fonctionner et pour ne pas devenir une idéologie.

 

 

La culture d'une démocratie durable

 

 

Qu’est-ce qui pourrait rendre fonctionnelle l’« utopie » de Nozick ? La culture d’une démocratie durable. Celle-ci reconnaît dans la liberté une autonomie rationnelle, ou quelque chose de fonctionnellement analogue. Autrement dit, elle ne voit dans l’indépendance que l’aspect négatif de la liberté, sa substance positive étant l’autodétermination du vouloir par la Raison, ou par la loi divine – Dieu, ou la Raison, étant ici, bien sûr, l’Absolu qui permet la moralité en permettant de relativiser des intérêts empiriques toujours prêts à s’absolutiser.

 

Dans une démocratie durable, la liberté est reliée aux valeurs par le devoir, les valeurs sont fondées dans l’absolu, et l’individualisme se trouve équilibré par des communautés.

 

Mais l’usure ou la censure de toutes les traditions sont extrêmes. La démocratie libérale, en régime PC, se caractérise, de plus en plus, par l’impuissance du Pouvoir et l’arbitraire de tous, c'est-à-dire se distingue de moins en moins de « l’état de nature » hobbésien.

 

La raison pour laquelle nous sortirons très certainement de la démocratie postmoderne est cette peur qui, depuis toujours, fait sortir l’homme de « l’état de nature », pour le faire rentrer dans l’état civil, dans la mesure où la peur du pouvoir ne le fixe plus dans l’état de nature. Et si le libéralisme s’est trop identifié à cet « état de nature », il en ira de lui comme du communisme : il se sera rendu impossible tant que vivront ceux qui l’auront connu.

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