Où en sont les Valeurs ? Post n°14. Famille, morale et religion comme valeurs de solidarité

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Les valeurs traditionnelles redeviennent des valeurs de progrès

 

 Cette recomposition du champ politique s’opère au moment où les valeurs traditionnelles de conservation deviennent des valeurs de solidarité et de progrès.  Si s’affaiblit le lien d’Absolu, qui caractérisait les grandes Lumières et la chrétienté ; si l’Autorité, même républicaine, est refusée, si la Nation n’est plus qu’un hôtel, si l’Etat se dissout, qu’est-ce qui peut encore protéger les individus ? Car ils savent bien (à l’exception des plus riches et des jeunes encore sans responsabilité) qu’ils ont besoin d’une solidarité.

Or celle-ci ne peut plus leur être garantie par l’Etat, qui perd sa légitimité en oubliant la nation, se ruine peu à peu par démagogie, et qui est condamné à une impuissance relative par le fonctionnement irrationnel du politiquement correct et des médias.

L’heure est donc aux communautés infra ou supra politiques, et avant tout à la famille, dont la tribu et ses clans ne sont jamais que les extensions. Aussi la politique sociale renaîtra-t-elle, si elle doit renaître, par et dans la famille. C’est pour cela que le libertarisme soixante-huitard est une formule de luxe, qui ne devrait pas survivre au déclin relatif de la prospérité.   

 

 

Le relativisme, produit de luxe

 

 

La nouvelle solidarité demande aussi le réveil du devoir. Or il n’y a pas de devoir, sauf là où un Absolu relativise les intérêts. Les effets de cette relativisation s’appellent la morale. Mais la morale qui relativise n’est jamais qu’une retombée du rapport à l’Absolu, qui seul désabsolutise : la religion, au sens large, qui, si elle vit, est mystique. C’est pour cela que le « relativisme PC », son polythéisme et son athéisme, auront du mal à survivre aussi, dans le peuple, au déclin de la prospérité.

Car le relativisme PC ne relativise que l’Absolu, et, par suite, il est incapable de relativiser les intérêts empiriques, qui au contraire se trouvent aussitôt absolutisés. Aussi le relativisme PC n’est-il pas fonctionnel, car il reconduit à la guerre des dieux pour des intérêts absolutisés : « l’état de nature ».  Pour que les intérêts empiriques puissent être limités grosso modo de bon gré, il faut un élément de transcendance, permettant seul de faire la différence entre ce qui est transcendant et ce qui n’est que relatif. La conscience du relatif, qui permet la négociation, suppose une conscience d’Absolu transcendant la sphère du relatif.

Aussi le « relativisme-absolutisme », loin de supprimer la guerre, transforme tout conflit en une guerre entre les « dieux ». Il supprime (peut-être) certains conflits entre un certain nombre de dogmatismes publics, ou communs, mais pour les remplacer par une infinité de conflits entre tous les dogmatismes privés.   Comme le désir de mort collective est heureusement une exception, la sortie hors de l’état de nature et la rentrée dans l’état civil sont probables. Il est donc évident que la religion classique, principe de relativisation, aura de nouveau un boulevard ouvert dans toute société qui se voudra solidaire et qui puisse se dire démocratique sans imposture. 

Pour repousser toute religion, la modernité tardive avait deux puissantes raisons :

1° l’antimoralisme ;

2° l’antitotalitarisme.  

Nous avons déjà noté combien ce sont là deux authentiques valeurs, centrales dans le système contemporain des valeurs, où presque tout serait intéressant, si l’on pouvait le revisiter sans avoir aussitôt le PC pour mentor. C’est probablement ce qui survivra de la modernité tardive, dans ce qui prolongera la modernité, la renouvellera, ou la dépassera.

La religion (mystique) renaîtra vigoureusement, si elle sait accueillir ces valeurs.  Mais concrètement, quelle religion ?

Une étude comparative de leurs chances respectives dépasserait le cadre de cette étude. Mais les constantes de la « révolution classique » à venir, seront le renforcement du cadre classique, par la réouverture de la transcendance, la préservation de la liberté, le questionnement dans la tradition, la critique du moralisme combinée à la redécouverte du devoir, le respect de l’individu combiné à une sortie hors de l’individualisme polythéiste, un nouveau sens de la Nature combiné à un approfondissement de l’humanisme. Dans ces conditions, le christianisme fera peut-être un retour inattendu.  

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