La question du Front National

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De nombreuses personnes m'ont interrogé au sujet du Front National. A sept mois des prochaines élections, après avoir bien réfléchi et consulté, voici sur ce sujet mes conclusions motivées.

 

                                              
Situation d’ensemble du pays

 
Jusqu’à présent, deux partis dominent la vie politique. A gauche, les libéraux de gauche dominent ; à droite, ce sont les libéraux de droite. Quelques remarques sont importantes sur le sujet :

Les uns comme les autres s’alignent de plus en plus sur l’agenda néo-conservateur de Washington en politique étrangère, en grande partie parce qu’ils n’ont pas le choix, et probablement sans grande conviction, mis à part pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Les deux partis ont accepté les règles du libéralisme dans la sphère économique mais aussi dans la sphère sociale. La droite conservatrice en matière sociale n’a pas voix au chapitre dans la définition de la politique du pays

Une nuance majeure à apporter est que, malgré ces principes libéraux, le pays est conduit par une classe de bureaucrates de culture jacobine et socialiste. C’est en partie contre leurs propres traditions qu’ils suivent le libéralisme américain.

La cause de la ruine croissante de notre économie est cette contradiction : ouverture à la concurrence libérale, associée à une structure administrative, économique et fiscale jacobine. Les  parties du pays exposées à la concurrence sont celles qui souffrent : jeunesse, secteur privé – aussi bien salariés qu'entrepreneurs, sans parler du nouveau prolétariat. Elles sont sacrifiées, pour donner quelques années d’existence aux fonctionnaires et aux retraités, qui sont par ailleurs les bases électorales des deux partis dominants.
 

 

La montée des inégalités au niveau mondial et le retour du principe national
 

Les politiques libérales, en insistant trop sur les contrats et la liberté individuelle, ont accru dans des proportions effrayantes les inégalités de pouvoir et de richesse, et conduisent le monde vers des tensions sociales très graves. Beaucoup de gens réagissent à cette injustice et sont à la recherche d’une vie plus digne. Ils ne voient plus la démocratie dans le libéralisme, mais dans le nationalisme, ou le socialisme, et placent leur confiance dans des hommes forts (ou de fortes femmes) anti-élite.

Nous sommes donc en présence de régimes usés, historiquement représentatifs mais dans lesquels désormais une vaste majorité se trouve délaissée, sans adéquate représentation. Ces régimes sont tous sous tension, à des degrés divers, les plus « oligarchiques » et inégalitaires étant probablement les plus à risque. Il devient donc nécessaire de ne pas se limiter à une justice purement libérale, mais de prêter davantage attention aux deux autres dimensions, sociale et conservatrice, de la justice.

Au plan international, une démocratie plus équilibrée signifie aussi une réappréciation de l’importance de l’échelon national. Mais tout ceci équivaut à une rupture avec les politiques menées depuis des décennies.

 

 
L’émergence des partis populaires / populistes

 
Dans cette perspective, il est naturel que les citoyens cherchent une personnalité, une équipe, un parti à mandater, pour mettre en œuvre une telle politique de rupture, ou du moins de très fort rééquilibrage, en rétablissant leurs droits économiques et politiques, à commencer par l’autorité souveraine des représentants du peuple, la solidarité et la nation. Tout ceci est non seulement naturel, mais juste et nécessaire, la justice étant dans l’équilibre de ses différentes dimensions.

Les peuples sont confrontés à ce qu’ils perçoivent comme un contrôle des institutions démocratiques par la haute aristocratie d’argent nationale et internationale. Ils se tournent naturellement vers des personnalités fortes et populaires, qui leur promettent d’exercer un pouvoir autoritaire et personnel pour rétablir leurs droits. Il n’y a en cela rien que de classique, car les peuples se sentant opprimés par une aristocratie, se portent naturellement vers un pouvoir personnel fort, et qui seul est en mesure de s’imposer aux élites. Ce pouvoir peut être celui d’un grand homme d’Etat, d’un monarque ou bien encore d’un dictateur démagogue. Tout cela aussi est naturel et classique. Ceux qui se plaignent de ces effets auraient mieux fait de ne pas en vouloir les causes.

En France, le Front national déclare être ce type de parti, organisé autour de la personnalité de Marine le Pen. La bonne question est donc : pour recevoir un tel mandat, le FN est-il le bon mandataire ? le seul possible ?
 

 

 

Economiquement
 

Les Français sont un peuple plus démocratique que les autres. Ils sont donc relativement moins touchés par les inégalités. Mais le problème de fond des Français est l’archaïsme de l’Etat, du système social et fiscal, qu’il convient d'adapter en fonction des évolutions du monde, des sciences et de la démographie. Sans cela, notre prospérité va continuer de fondre, et avec elle la paix sociale. L’enjeu politique majeur est la réforme structurelle du pays.

Le pays combine les inconvénients des politiques libérales globales et des politiques socialistes locales. Il devient moins compétitif, le chômage réel augmente, ainsi que la dette. L’hyper-régulation et la fiscalité étranglent l’initiative. Et pourtant les gens sont aussi mécontents du néo-libéralisme et de l’UE, qui signifie à leurs yeux chômage et immigration.

Le Front National évite de mentionner les réformes structurelles. Il met en avant sa promesse de rétablir la souveraineté nationale, notamment en renforçant l’Etat et en redonnant au pays sa monnaie nationale. Quelle que soit la sympathie qu’on puisse avoir pour le principe de souveraineté, nous sommes forcés de nous poser quelques questions simples sur ce que serait la souveraineté monétaire sans les réformes structurelles. Car la souveraineté est le privilège des pays forts et les pays ruinés et endettés ne sont jamais souverains.

Le France a certes de nombreux atouts et a encore beaucoup de richesses. Mais avec son déséquilibre commercial, son déficit public et son endettement, un redressement structurel de son économie, déjà difficile à réaliser dans les meilleures conditions, ne deviendrait-il pas impossible si nous récupérions immédiatement notre monnaie nationale ? Et, si nous adoptions une attitude négative envers les milieux d’affaires, envers nos voisins et principaux partenaires, et envers la liberté économique, que se passerait-il ?

En effet, quand on a une monnaie souveraine, on ne peut se permettre d’avoir un déficit public et un déséquilibre commercial, sous peine de voir les réserves de changes de la banque centrale s’évanouir, et, à partir d'un certain moment, la monnaie s’effondrer. Sortir de l’Euro imposerait donc (i) de restructurer très vite la dépense publique afin de ramener les comptes à l’équilibre, (ii) de mettre fin au déséquilibre commercial dans l’urgence, (iii) de rétablir aussi vite la compétitivité de l’économie afin d’exporter plus que nous n’importons, (iv) de compenser le terrible choc sur la consommation provenant de la restriction rapide de la dépense publique, et de l’inflation sur les produits importés. Une telle politique nécessiterait des investissements massifs, et l’on se demande d’où cet argent pourrait venir : des investisseurs étrangers à qui l’on viendrait de faire subir une dévaluation forte ? Des citoyens qui subiraient le choc inflationniste et l’austérité ? Des entreprises dont les dirigeants se méfieraient de ce nouveau pouvoir jacobin ? De l’Etat dont la lutte à court terme serait la défense de sa monnaie ?

Quoi qu’il en soit, nous voyons qu’une condition nécessaire pour qu’un nouveau parti puisse répondre au mandat populaire en redressant le pays est de jouir de la confiance des entrepreneurs et des milieux d’affaires. Le mandataire doit, à la fois, définir clairement le mandat qu'il entend recevoir : une vraie politique de réformes fondamentales, et pouvoir afficher un capital de compétence réelle (extra-bureaucratique), la marque de tout cela résidant dans un discours non-démagogique et non fantasmagorique.

On comprend qu’un nouveau mandataire de la Nation souhaitera une politique de réformes qui ne soit pas qu’un serrage de ceinture, sans autre horizon que le serrage suivant et l’euthanasie continue de l’économie productive. Elle doit au contraire signifier la recréation d’un véritable avenir économique pour le peuple et la jeunesse. Mais, il faut pour cela unir compétence, réalisme et innovations, notamment pour établir un lien organique entre le marché et la solidarité.  

Le Front National ne répond pas à cette caractérisation. Il ne jouit pas d’un tel soutien. Sa logique est avant tout politicienne. Au contraire, le Front National promet de conserver un Etat obèse et de lui donner un caractère néojacobin, avec tendances socialistes et autoritaires, de garder une solidarité sociale prodigue, de sorte que sa promesse de sortir de l’Euro n’est probablement pas tenable. Bref tout sauf une rupture.
 

 

Politiquement

 

Le problème du Front National, tel qu'il est devenu, c’est qu’il ne peut espérer venir au pouvoir, sans adopter des positions économiques jacobines et autoritaires qui lui aliéneront la confiance des milieux économiques – je parle de la masse des responsables économiques sérieux, y compris les esprits objectifs et prudents au sein des élites les plus élevées.  Or, cette confiance, il en aurait absolument besoin pour redonner vie à notre économie – et par conséquent pour nous rendre notre puissance et notre indépendance.

Faute d'horizon économique crédible, le FN ne peut espérer arriver au pouvoir sans capitaliser sur des divisions ethniques et religieuses, qui nous condamnent à des conflits sans fin, voire à la guerre civile. Et nous ne sommes pas même sûrs de sortir victorieux de tels conflits, parce que le Front promeut une culture qui divise les Français et déracine leur universalisme (ce qui est paradoxal pour un parti qui prétend nous restituer notre « identité »). Car la France, à la différence d’autres nations européennes,  ne s’est pas identifiée d'abord dans une appartenance ethnique ou linguistique, mais dans l’adhésion à des valeurs universelles (voir plus bas).

La situation pourrait donc sembler sans issue, parce que, de l’autre côté, l’actuelle classe dirigeante semble confortablement installée. Elle ne veut pas d’une véritable réforme, qui forcément équivaudrait à la promotion d’une couche dirigeante nouvelle et rivale, qui ne tarderait pas à la remplacer, puisqu'infiniment plus compétente. De plus, si la France ne procède pas à ses réformes structurelles, les tensions au sein de l’Euro finiront par devenir inacceptables, une crise détruira l’Euro et l’UE s’effondrera avec lui.  

La France ayant besoin d'une politique de rupture et de renaissance est  donc en attente d'un mandataire adéquat.
 

 

Culturellement

 
Le Front National  n’est pas fasciste, parce que le fascisme n’est pas un produit français, étant une forme non française ou antifrançaise de jacobinisme. Et précisément, le Front National est devenu un nouveau nationalisme jacobin français. Paradoxalement, c’est un groupement formé, au départ, de tous les mouvements réactionnaires français, qui avaient en commun l’aversion envers la Révolution française, mais qui, à l'arrivée, se fondent dans un revival de la Révolution française. Il intègre à son idéologie les Lumières, la laïcité, la République et même la guerre pour la Liberté. Mais cet universalisme se voit restreint à n’être qu’une partie de l’« identité nationale », à côté des racines néo-païennes irrationnelles et de la religion chrétienne version fondamentaliste. Il n'est pas anormal qu'un parti tente d'amalgamer en lui bien des courants divers, pour que tout le monde y trouve un peu son compte. Mais là, nous sommes en présence d'un assemblage qui voudrait faire l'unité des universalismes français dans le creuset d'un particularisme fondamental. Ce patchwork n'est pas viable et il constitue de plus une forme de perversion.  

D'abord, le Front National ne parviendra pas, probablement, à mettre par terre les deux autorités spirituelles dominantes en France, celle des Lumières et celle du catholicisme. Autrement dit, les deux universalismes qui ont si profondément constitué la culture française. Cela n’a pas le moindre sens que de tenter de les intégrer à un particularisme.

Réduire la religion universelle (c'est le sens du mot "catholique") au particularisme français, et s’en servir comme d’un marqueur antimusulman et nationaliste, en prenant le risque de faire flamber une guerre de religion, ne peut se faire que contre l'Eglise et dans un esprit nettement anticlérical et antiromain. Ceci n’est pas nouveau. Il suffit de se rappeler Pie XI, condamnant l'Action française, en 1926, pour avoir subordonné la religion au nationalisme et à la politique. Le pape a rarement été aussi critiqué à droite depuis longtemps, y compris par des catholiques à la fois traditionalistes et nationalistes, tels Philippe de Villiers. La popularité d’un Éric Zemmour n’a d’égale chez eux que l’impopularité de François.  

Autre fait tout aussi certain : bien que la nouvelle culture politique du FN soit désormais un néo-jacobinisme hérité des Lumières, c’est rejeter le sens profond la philosophie des Lumières (aussi bien que du catholicisme), que de vouloir la restreindre en une simple « identité nationale ».

Le rejet à la fois du catholicisme et de la philosophie des Lumières est hélas ce qui définit un néo-paganisme irrationaliste, présocratique. C'est malheureusement ce dernier qui constitue culturellement l'aile marchante du FN. Il y a là une culture profondément antichrétienne et on peut espérer que peu de catholiques français se laisseront embarquer longtemps comme ses supplétifs dans une aventure politique sans avenir. L'exigence de rupture et de renaissance est aussi une exigence d'éviter la fausse route.

Paradoxalement, cette défense particulariste d’une « identité » française est parente de la frénésie fanatique d’un islamisme effrayé et mécontent de se sentir à son corps défendant pénétré et imprégné d’humanisme occidental. Il est probable que malgré les troubles qui s’annoncent, la France collera à l’humanisme. Mais il est vrai aussi que l’humanisme des Lumières est en grande partie épuisé.

C'est de l'inculture que de réduire l'humanisme à sa version "franc-maçonne cassoulet". L'humanisme est le point commun de la culture classique antique, du christianisme et des lumières. Et hors de l'humanisme, il n'y a que l'antihumanisme. C'est le contraire de la vérité. C'est le contraire de la France.


La réforme de la France est impossible sans une forte légitimité d’un pouvoir soutenu par une très large et profonde confiance. Même une forte dictature n’aurait pas ce pouvoir, faute d’autorité. Car l’autorité vient de la culture. Cette autorité ne peut pas venir d’ailleurs que d’un renouveau de l’humanisme et un tel renouveau est impossible si cet humanisme n'inclut pas le christianisme, religion de l’Homme-Dieu, lui-même déjà profondément renouvelé et rajeuni, notamment depuis Vatican II, au-delà des conflits et traumatismes de notre histoire. Seul un tel humanisme est capable d’unir les divers courants et strates de notre culture française (et européenne). Seul il peut prêter à un grand pouvoir réformateur cette autorité large et généreuse sans laquelle les divisions ne pourraient être surmontées.

C’est là la plus grande faiblesse du Front National. Il est trop étroit culturellement et trop peu profond, et trop durci, pour correspondre au fond universel et humaniste de notre culture. Faute d’autorité, il n’aura pas de pouvoir suffisant face à tant de forces hostiles, d’autant qu’il ne pourra même pas redresser l’économie et que, faute de réformes, le discours de souveraineté est condamné à n’être qu’un discours.
 

 

Evolutions à prévoir
 

La possibilité des réformes dépend de la passation d’alliances entre les diverses forces vives de la société, actuellement comprimées. Tant qu’elle restera enfermée dans un syndrome anti-chrétien, la gauche de solidarité ne pourra être que l’otage et la caution populaire de la gauche libérale. Tout comme la droite conservatrice ne pourra être que l’otage et le témoin de moralité de la droite libérale, tant qu’elle ne verra pas que la défense de la famille ou la lutte contre l’islamisme passent d’abord par la défense du travail et la lutte contre le chômage – et donc par des réformes structurelles. Et tout comme l’élite entrepreneuriale, effrayée par l’épouvantail socialiste, restera l’otage d’une finance globale libertaire. Il y a pourtant là trois forces qui ne demanderaient qu’à passer un compromis, sous l’égide d’un mandataire de leurs intérêts communs.

Lier le thème de la famille à celui du travail (et réciproquement) refuser la guerre de religion et critiquer l’argent roi, ce sont les trois moyens de permettre la seule coalition politique capable de porter les réformes de structure.  Inversement, mettre en avant sans arrêt les absurdités sociétales et la guerre postiche contre l’islamisme permet d’empêcher l’union de ces forces. Pour gagner, il faut donc être capable de sortir de ses habitudes, de laisser tomber de vieilles animosités qui n’ont plus de sens, de surmonter ses passions unilatérales, d’approfondir sa culture humaniste et de mettre au pouvoir des gens qui ne soient ni des bureaucrates, ni des médiatiques. 

En attendant, la protestation contre l’immigration est progressivement devenue protestation contre l’islamisation. L’identité ethnoculturelle serait changée. Des fantoches livreraient le peuple à ses ennemis. Voici le refrain : il y a deux peuples sur le même sol et ils ne peuvent vivre ensemble. Le peuple ancien doit chasser les traitres et  élire de solides défenseurs. Quant au nouveau peuple, il doit s’adapter, aimer la France ou la quitter. Mais que faire s’ils ne veulent pas partir de bon gré ?

Dans un pays civilisé, on devrait y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans des discours superficiels et passionnels, dont la seule conséquence logique serait de proposer « la valise ou le cercueil » à une grande partie de la population. Ici encore, la logique politicienne de court terme transparaît.  

Avant de paniquer ainsi, mieux vaudrait se dire que toute la situation va être modifiée fondamentalement par le cours que prennent les événements aux USA. La classe dirigeante américaine est divisée. Face à la surextension de leur empire, les Américains pourraient choisir, par prudence, d'opérer un repli stratégique, de ne pas aller à l'épreuve de force avec la Russie, de mettre fin à l'utilisation sale de l'islamisme et à l'alliance avec les monarchies pétrolières. Même si ce n’est pas le cas, les divisions politiques au cœur de l’Empire ne pourront que nuire à ses clients comme Ryad ou Doha. Et du même coup, perdront leur pertinence les candidats exprimant ou le conformisme, ou le désespoir et la panique. Autrement dit, le jeu est encore grand ouvert et l'imprévisible est encore le plus probable. 

Commentaires 

 
+1 # GARRIGOU GRANDCHAMP 2016-11-06 09:10 Analyse lumineuse et opératoire des causes du désarroi du pays et du mécanisme de sa ruine et de l'ébranlement de son unité.
Revenir aux questions de fond en faisant la lumière, en nommant les choses, est une première condition de l'exercice d'un discernement.
Appeler à la clarté sur les raisons de notre engagement non négociable dans le flux d'un humanisme, animé par la Foi et l'Espérance chrétiennes, est le flambeau nécessaire de la lucidité et de la résistance aux illusions comme aux emportements.
Cette analyse y parvient avec efficacité.

Reste encore à développer les voies de l'action, mais ceci nécessite une autre contribution, qui prenne aussi en compte la possibilité de travailler au fond ces questions avec nos voisins et de retrouver un chemin d'indépendance vis-à-vis des États-Unis, plus que jamais indispensable.
Il faudrait aussi travailler sur la question des médias et sur celle de l'étude de l'islam… mais on ne peut tout dire dans une contribution à la réflexion sur le FN!
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0 # clavery 2016-11-07 17:52 "Dans un pays civilisé, on devrait y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans des discours superficiels et passionnels, dont la seule conséquence logique serait de proposer « la valise ou le cercueil » à une grande partie de la population."
Est-ce à dire que les pays ayant appliqué la politique de "la valise ou le cercueil" sont non-civilises ? Je ne me permettrai pas d'être aussi insultant.
Si j'ai bon souvenir, l'alternative dans nos chères civilisations grecques et romaines fut longtemps "la mort ou l'esclavage" pour les peuples étrangers.
C'est être un dangereux rêveur de vouloir restaurer l'assimilation de populations étrangères en insultant leur pays d'origine et sans adjoindre à cette volonté d’assimilation une alternative fortement motivante. RÉPONSE : L'Algérie se porterait certainement beaucoup mieux aujourd'hui, si le FLN n'avait pas appliqué la politique de "la valise et le cercueil". Le thème de la civilisation demanderait tout un article.
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0 # constance 2016-11-09 08:23 Annalyse très intéressante. Je partage votre point de vue et celui de Garrigou Grandchamp. Merci pour ces bases de réflexion… Répondre | Répondre en citant | Citer
 
 
0 # Jean-Loup Kloeckner 2016-11-13 18:41 Bonjour,
Si je puis partager certaines de vos analyses sur le FN, je ne puis vous suivre sur d'autres, notamment quand vous y argüez de la condamnation par Pie XI de l'Action Française en 1926, alors qu'elle ne voulait pas du tout subordonner la religion au politique, que Pie XI a certainement été mal conseillé par un entourage hostile, puisque l'A.F. a été réhabilitée par Pie XII en 1939.
Bien cordialement.
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0 # Marc Emmanuel 2016-11-15 11:41 Très bonne analyse, fine, nuancée, complète et réaliste. Je crains que l'accumulation des contradictions, des surdités, des mensonges, des corruptions, des arrogances, des mauvaises fois, des corporatismes irresponsables et égoïstes, des manipulations intellectuelles , des mauvais exemples… soient devenue inextricable. Le système ne peut plus se redresser de lui-même. Les esprits des citoyens sont , eux-aussi, très souvent envahis par la confusion, l'égoïsme myope et la paralysie. Comment, dans ces conditions, croire à un retour prochain et paisible aux alliances raisonnables, aux sacrifices nécessaires, aux réalités ? Comment ne pas craindre un séisme quand tant de tensions se sont concentrées ? Comment, en même temps, ne pas le souhaiter prochain et salutaire à la fois ? Répondre | Répondre en citant | Citer
 
 
0 # maria poumier 2016-11-15 12:24 Aleteia se distingue en publiant chaque jour des articles de fond plus intéressants, et j'ai continué la lecture sur votre site. J'insiste sur un point, pour compléter cette réflexion aussi profonde que prudente, dans le bon sens : la coupure musulmans arabes / français de souche cathos ou férocement athées est certes un piège très dangereux; mais il faut aussi rétablir la cohérence de la nation entre "métros" et descendants d'Africains; ceux-ci ne sont nullement représentés par le CRAN, fabrication fantoche et artificielle du CRIF, qui lui-même n'y connaît rien, à la sensibilité des descendants d'Africains. Ils sont prêts à devenir les soldats, les prêcheurs et les plus courageux généraux dont nous avons tous besoin, depuis le Vatican, jusqu'aux plus misérables habitants de l'Occident en attente des résurrections nationales qui tardent à prendre une stature solide comme celle que vous proposez. Il est temps d'en finir avec le mépris pour les "invisibles" par excellence. Rien ne saurait se construire sans eux. S'il faut un beau mythe pour obliger les cathos à réfléchir, qu'on se souvienne de Simon de Cyrène: seul l'Africain du coin s'est offert pour aider à porter la croix du Sauveur du monde… et c'est toujours comme ça, demandez à Mgr Sarah, par exemple. Répondre | Répondre en citant | Citer
 

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