Le complexe anti-vérité

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Voici la troisième section d'un livre de 1992 intitulé Éthique et politique ; il s'agit du chapitre consacré à la culture et à l'éducation. Le chapitre compte 11 sections, que je publierai ici. 

 

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Pour autant qu’une tradition se compose de jugements, elle vaut ce qu’ont de vrai ces jugements, et s’ils sont tous faux, elle ne vaut rien.

Mais sitôt qu’ils entendent parler de vrai et de faux, les zélotes du pseudoprogressisme déchirent leurs vêtements et poussent de grands cris, comme si c’était une audace extraordinaire ou un crime affreux que de parler de vérité.

En réalité, tout le monde admet la notion de vérité. Cela se démontre.

Ou bien nous sommes tous des hommes capables de dialoguer et de partager la connaissance de vérités universelles, ou bien cela n’est pas.

Si cela est, nous admettons l’idée de vérité.

Et si l’on dit que cela n’est pas, on affirme qu’il est vrai qu’il n’y a pas de vérités universelles ; mais qu’il n’y ait pas de vérité universelle, cela même est une vérité universelle, et cette seule thèse inclut une infinité de conséquences logiques, qui doivent aussi être vraies si le principe l’est. Ainsi donc, celui qui n’admet pas de vérités universelles en admet aussi, et en grand nombre.

Par suite, tout le monde admet l’idée de vérité.

La seule différence est que, dans le second cas, les vérités universelles sont moins conçues comme des découvertes de notre esprit, que comme des créations de celui-ci.

La seule question est donc de savoir auquel des deux types de vérités universelles il est raisonnable d’adhérer. La question est de savoir si notre esprit se modèle sur la vérité des êtres, ou s’il engendre cette vérité, c’est-à-dire s’il est, radicalement, un esprit fini, ou l’Esprit absolu. Cette dernière position est celle du panthéisme anthropologique.

Il n’y a donc pas lieu de se laisser intimider par ceux qui poussent de hauts cris aussitôt qu’on parle de vérité, car ils ne sont pas en réalité sceptiques ; ils ne sont que pseudo-sceptiques. Ils sont aussi dogmatiques que les autres (et même beaucoup plus puisque leur Esprit est censé être divin). La seule différence est qu’ils n’ont pas conscience de l’être. Mais ils arrivent à se faire croire, à culpabiliser les autres, et ils les forcent à se réprimer.

Je l’ai déjà dit, mais c’est un point d’une telle importance qu’il faut sans cesse y revenir, car le préjugé semble presque indéracinable. Redisons-le donc. Le pseudoscepticisme des pseudoprogressistes n’est au fond rien de plus qu’une première initiation au panthéisme. Leur pseudo-tolérance n’est que la manière qu’ils ont de nous instiller leur dogmatisme à eux, sans nous permettre de l’examiner. Quant à leur liberté de penser, son premier effet est d’empêcher toute discussion sérieuse sur le fond des choses.

Je serais leur dupe si je me laissais complexer. Quand donc ils cesseront de faire usage de la notion de vérité, je verrai s’il y a lieu de me laisser culpabiliser et de cesser d’en user moi aussi.

Ainsi donc, la première base de toute humanité, c’est un sens de la vérité, qui ne va pas sans une grande liberté dans l’emploi de ce mot et de cette notion fondamentaux. C’est l’exigence intellectuelle, le désir d’un très haut idéal de vérité, qui fait seul le fond de l’esprit critique.

Tout cela est relativement simple. Je passe et j’en viens à la confusion qui trop souvent empêche d’y voir clair en matière de tradition.

A SUIVRE

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