Le TTIP ou comment les grandes sociétés américaines tentent de corrompre la bureaucratie européenne

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Voici la traduction française de l’essentiel d’un article en américain dont l’intégralité se trouve ICI.

 Son auteur : Dr. Paul Craig Roberts fut Assistant-Secrétaire pour la politique économique au Trésor américain et rédacteur associé au Wall Street Journal, ainsi qu’un contributeur régulier à Business Week, Scripps Howard News Service, et Creators Syndicate. Il a enseigné dans de nombreuses universités. Ses articles sur Internet lui ont attiré une audience mondiale. Parmi ses livres, on peut signaler The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West, et The Neoconservative Threat to World Order.

Paul Craig Roberts porte des accusations très graves contre les négociateurs européens. Si elles sont infondées, il est absolument nécessaire de rétablir la réputation des personnes mises en cause. Si elles étaient fondées, les démocraties lésées devraient réagir avec une extrême vigueur.

 

 

« Greenpeace a rendu un grand service à cette partie du monde [notamment les pays d’Europe] dont les représentants sont assez stupides ou assez corrompus pour signer les accords de « Partenariat Trans-Pacifique et Trans-Atlantique ». Greenpeace s’est procuré et a laissé fuiter les documents secrets de ces traités TTIP, que Washington et les « grandes sociétés » mondiales sont en train de faire passer en Europe. (…) »

[Le document comprend les deux premiers tiers du projet de traité. Il est probable qu’ils ont tout, et que le plus beau est encore à venir. Mais ce qu’on a déjà inclut des sujets hautement controversés, tels que les normes européennes  en matière d’alimentation et l’interdiction des OGM. Pour accéder au site de Greenpeace-Hollande où télécharger le document, CLIQUER  ICI]

 

« Ces soi-disant « accords de libre-échange » ne sont pas des accords commerciaux. Le but de ces « partenariats », qui sont rédigés par les « grandes sociétés » mondiales, est de soustraire ces sociétés aux lois des pays souverains dans lesquels elles opèrent. [En vertu de ces accords], pourra être déclarée « restriction [abusive] du commerce » toute loi ou régulation d’un pays souverain qui aurait un impact sur les profits de ces grandes compagnies, qu’il s’agisse de loi sociale, de loi environnementale, de sécurité alimentaire, ou de protection du travail. Le « partenariat » autorise les « grandes sociétés à faire un procès en vue de faire annuler une loi ou une régulation et de se faire dédommager par des indemnités payées par le contribuable des pays qui auraient cherché à protéger leur environnement, la qualité de leur nourriture ou leurs travailleurs. »

« La plainte n’est pas reçue et jugée par les tribunaux du pays, ni même dans aucun tribunal. L’audition a lieu dans un tribunal des compagnies dans lesquelles les compagnies servent comme juge, jury et accusateur. »

« En d’autres termes, les « partenariats » donnent aux « grandes sociétés » globales le pouvoir d’annuler les décisions démocratiques. A ce qu’on dit, l’Europe est composée de démocraties. Les démocraties édictent des lois qui protègent l’environnement, la qualité sanitaire de la nourriture et le travail. Mais il est évident que de telles lois réduisent les profits. En conséquence, en vertu des termes mêmes du « partenariat », tout [élément de législation] peut être annulé par les « grandes sociétés », à partir du moment où elle limitent leur capacité à faire suer le burnous, avec des salaires de misère, et sans protection environnementale, sans législation sanitaire pour la nourriture et sans droit du travail. »

« Seul un traître, et un traître bien payé, peut signer un tel pacte. »

« A mon avis, il n’y a pas de raison pour que les grandes société ne remettent pas aussi en cause les lois fiscales, car elles réduisent évidemment les profits. »

« Les « partenariats » trans-atlantique et trans-pacifique ont été négociés en secret. La raison en est évidente. Si les gens avaient seulement été informés de la façon dont ils étaient vendus, c’aurait été une tempête de protestations. (…) »

[Paul Craig Roberts explique ensuite en quoi la procédure viole la Constitution américaine. A cette occasion, il explique cette procédure :]

« Voici comment ça marche. Le représentant américain qui a été nommé négocie avec les représentants nommés représentant les autres pays. Toute résistance à l’accord est surmontée par des pots de vin ou des manœuvres d’intimidation. Et la totalité de la négociation est menée dans un complet secret. Une fois les accords signés par les représentants [nommés – par qui exactement ? pourquoi ? comment ?], ils sont présentés aux parlements des pays. On dit aux députés ou sénateurs qu’ils doivent approuver le pacte, pour ne pas mettre en péril la gros et dur travail qui a duré si longtemps et qui est dans l’intérêt général, comme peuvent en témoigner tous ces représentants corrompus, ou intimidés. »

« Ces « pactes commerciaux » ont leur origine aux Etats-Unis, parce que les « grandes sociétés » globales américaines les méga-banques américaines sont les plus gros acteurs dans l’économie mondiale. Les accords qu’elles promeuvent leur assurent l’hégémonie économique sur les pays qui les signent. Les partenariats transatlantiques et trans-pacifiques sont des outils de l’impérialisme financier américain. »

(…)

« Aujourd’hui, un article dans The Independent rapporte [Vous pouvez lire cet article de The Independent ici : http://www.independent.co.uk/voices/ttip-leaks-shocking-what-are-they-eu-us-deal-a7010121.html ] que « les documents montrent que les grandes sociétés américaines se voient attribuer [par le projet] des pouvoirs sans précédent sur toute régulation concernant la santé ou la sécurité et qui pourrait être introduite dans le futur. Si un gouvernement européen ose faire des lois pour élever le niveau des normes sociales ou environnementales, leTTIP accordera aux investisseurs américains le droit de le poursuivre devant son propre système de tribunaux de commerce, qui ne sera pas disponible aux firmes nationales, aux gouvernements ou à quiconque d’autre. Et quant à vous qui disiez [le rédacteur de The Independent s’adresse ici directement à ses contradicteurs] que nous étions des alarmistes et que l’Union Européenne ne permettrait jamais une telle chose, nous avons maintenant la preuve formelle que vous aviez tort. »

 

[Roberts commente ainsi :] 

« Si je comprends bien [ce qui est écrit dans le projet], la réalité est pire encore que ne le dit l’article. Les clauses du ttip s’appliquent aussi aux lois déjà votées, telles que, en France, les lois anti-OGM et anti-aliments confectionnés avec des OGM. »

 

« L’article de The Independent continue ainsi : »

« [après avoir parlé de l’impact sur le débat du Brexit.] Les négociateurs non élus n’ont pu continuer à opérer ainsi jusqu’à ce jour qu’en employant un niveau de secret poussé jusqu’au fanatisme et en menaçant de poursuites pénales ceux qui divulgueraient les contenus du traité. » 

« Et maintenant, le peuple de l’Europe peut voir par lui-même ce qu’a fait pendant longtemps la Commission sous un voile ténébreux – et qu’elle a fait n’est pas beau du tout. » 

« Les textes fuités révèlent comment la commission européenne se prépare à ouvrir largement l’économie européenne a une concurrence déloyale de la part des sociétés géantes américaines, bien que cette commission reconnaisse parfaitement les conséquences désastreuses que cela va produire en Europe, qui est soumise à des normes bien plus élevées que ceux des Etats-Unis. »

« Selon les statistiques officielles, au moins un million d’emplois seront perdus directement par suite du TTIP et deux fois plus si on autorise l’accord à entrer pleinement en application. Nous observons que les négociateurs européens sont disposés à brader des pans entiers de nos économies dans le TTIP, sans souci des conséquences humaines. (…) En réponse [à la stratégie bruxelloise du secret], les militants ont opté pour une ‘stratégie Dracula’ contre l’accord projeté : exposez le vampire à la lumière du jour et il mourra. »

(…)

« Ces révélations sont déconcertantes pour les Anglais et les autres peuples européens. Par exemple, The Independent rapporte que le TTIP pourrait causer la privatisation de l’assurance sociale santé et que le parlement n’aurait aucunement le pouvoir de s’y opposer. »

Voyez (en anglais) :

http://www.independent.co.uk/news/business/news/ttip-could-cause-an-nhs-sell-off-and-parliament-would-be-powerless-to-stop-it-says-leading-union-a7006471.html
Et voyez aussi :
http://www.independent.co.uk/voices/comment/what-is-ttip-and-six-reasons-why-the-answer-should-scare-you-9779688.html

[Craig Roberts reprend :]

« Le négociateur européen en chef, Ignacio Garcia Bercero, probable (…), s’est rué à la défense du traité en déclarant que Greepeace avait tout simplement tort. La déclaration de Bercero n’a aucun sens. G. Donc, apparemment, la position de Bercero est que les documents officiels ont tort ? […] »

« Bercero a continué ainsi, sur la BBC : « Il n’est pas correct de dire que les Etats-Unis poussent à abaisser le niveau de protection dans l’Union Européenne. »

« C’est un mensonge époustouflant. » (…)

« Le commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmstroem, une autre probable (…), toujours selon la BBC, a dit la même chose : « Ce n’est pas mon affaire que d’abaisser le niveau des normes. »

http://www.bbc.com/news/world-europe-36185746

« (...) En effet, son affaire n’est pas d’abaisser les normes, mais de rendre possible pour le capitalisme mondial de renverser toutes les normes, qu’elles soient élevées, ou non. »

« Tout le bablabla sur les bienfaits du libre-échange et de la réduction des droits de douane n’est qu’une couverture pour le seul but du TTIP, qui est d’établir l’impérialisme économique américain sur les peuples qui ont été vendus par leurs gouvernement pour de l’argent. »

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