Sur "l'affaire Barbarin"

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Tout a été dit, ou presque, sur « l’affaire Barbarin », qui est sans doute loin d’être terminée. Ce papier se contente de rassembler les meilleures idées glanées de divers côtés et de les proposer ensemble à la méditation. 

 

Ce dont nous pouvons être certains :

 

1° Axiomes :

-            Le mal est mal.

-           Certains actes sont particulièrement répugnants et traumatisants.

-            Tout malheur appelle la solidarité sincère.

-            Quand il y a eu injustice, il faut punition et réparation.

 

2° Pour l’Exécutif, c’est violer la Constitution que de faire pression, même indirectement, sur les juges. Sans leur indépendance et leur intégrité, la société régresse au lynchage et il n’y plus ni droits de l’Homme, ni sécurité pour les citoyens.

 

3° Manipuler ou instrumentaliser la justice, la conscience et les victimes elles-mêmes est immoral.  

 

 

 

Questions à examiner.

 

1° Pourquoi, dans notre monde relativiste et postmoderne, subsiste-t-il un tel tabou sur la pédophilie, alors que la tendance est à la libération sexuelle universelle ?

 

2° Dans les années 70, Le Monde et Libération publiaient de nombreux textes ouvertement favorables à la libéralisation de la pédophilie. Certains signataires sont encore des icônes intouchables de la culture ou du monde politico-médiatique. Leurs anciens propos ne choquent personne dans les médias. Ils ne font l’objet d’aucun harassement médiatique. Pourquoi ces faits ne sont-ils pas apportés au débat ?  

 

3° Pourquoi n’a-t-on pas un panorama complet des crimes pédophiles : nombre de condamnés, leur métier, leur région, combien de cas dans l’éducation nationale ? Dans les colonies de vacances laïques ?  Répartition en pourcentage selon les institutions, taux de corruption comparés des institutions, etc. Sans ordre de grandeur, sans comparaison, que valent nos appréciations ? Sans quantification, y a-t-il phénomène scientifique ? La police n’aurait-elle pas bien des choses à dire dans ce domaine ? Si on s’en tient à la présentation par les médias, la pédophilie semble être un quasi-monopole de l’Eglise, ce qui est probablement tout à fait faux, mais en l’absence de diffusion suffisante d’études sérieuses, que peut-on dire ? Propager des informations partielles (qui soulignent les fautes d’une partie sans informer sur les fautes des autres parties) est-ce une pratique journalistique morale et professionnellement sérieuse ? Quelle différence y a-t-il entre une mauvais journaliste et un bon propagandiste ?

 

3° Quand on a la curiosité de lire ce qui se publie en Angleterre sur le sujet de la pédophilie, on se demande parfois si dans ce pays, la haute société ne risquerait de sauter, si la raison d’Etat ne venait pas couvrir une montagne de turpitudes. Heureusement, il n’y a rien de tel en France. Qu’est-ce que cela nous dit sur les médias ?

 

 

 

Réflexions diverses

 

1° Nous savons tous et je le redis après bien d’autres, que le cardinal Barbarin et la Ministre Vallaud-Belkacem ont eu à gérer des dossiers analogues. Monsieur Valls n’aurait-il pas dû lui demander, à elle aussi, de « prendre ses responsabilités », s’il avait eu dans sa conscience un poids et une mesure, et non pas deux ? Ma réponse est : non ! Car il y a l’indépendance de la justice. Si elle était mieux respectée, beaucoup à l’Education Nationale ne seraient-ils pas depuis longtemps en examen, voire en prison ? Valls le sait probablement. En tout cas, il devrait le savoir. Quand on sait ce que c’est que le monde, et quand on laisse faire tant de choses, et quand en même temps on vient harceler un parfait honnête homme, bon et fraternel, on se montre absolument veule et vil.

 

2° Tous ces scandales n’auraient pas eu lieu si l’Eglise n’avait pas connu une aussi grave crise d’autorité. Être un bon chef, ce n’est pas seulement faire confiance et laisser faire. C’est aussi inspecter, surveiller et punir. A cet égard, on a été souvent et on reste beaucoup trop bon dans l’Eglise, c’est-à-dire pas du tout assez. Et puis il règne dans la culture et la société une complète anarchie intellectuelle et morale et tout le monde, y compris les meilleurs, sont affectés par ces absurdités. Dans ces conditions, c’est un métier impossible que d’être évêque, dans une Eglise où on n’obéit si peu et où l’évêque porte pourtant la responsabilité civile, voire pénale, d’un clergé qui n’en fait souvent qu’à sa tête. 

 

3° Quand je n’ai pas devoir de juger, et quand je n’en ai pas les moyens (quand je ne connais pas les faits de la cause), je ne juge pas. Ne pas juger ne signifie pas se situer dans le « doute ».  Ne pas juger signifie au contraire avoir un préjugé favorable, autrement tout calomniateur a gagné.

 

Avoir conservé son pouvoir de juger, de nos jours, c’est compter pour rien beaucoup de ce qui se dit ou s’écrit dans les médias.

 

 

  

Ce dont je suis sûr, « scientifiquement »

 

1° Se payer une peau de curé, c’est un classique de la gauche « social-traître ». Les Français, sous gouvernement centre-gauche et gauche durant toute la IIIème République, de 1876 à 1936, ont dû attendre 1946, pour bénéficier des lois sociales dont avaient joui les Allemands dès 1880 sous un gouvernement autoritaire et conservateur. 

 

2° Nous avons là un parfait exemple de diversion de l’opinion : plutôt que de subir la colère des citoyens sur son incapacité à réformer le pays et redonner un avenir économique aux Français, le Gouvernement va créer des campagnes pour occuper les esprits et donner aux journalistes des sujets de débats vains et interminables

 

3° Dans nos démocraties, désormais, on achète la loi. Aux Etats-Unis, c’est le Droit, c’est la décision de la cour suprême. Quel lobby le Gouvernement récompense-t-il ici ? Un lobby gourmand, à qui l’on a déjà offert, voici trois ans, la peau d’un grand rabbin ?

 

Commentaires 

 
0 # Britsch Eric 2016-04-07 08:57 Merci pour la concision et la rigueur de votre article. Oui il faut poser des questions, poser les bonnes questions pour faire réfléchir le lecteur. Accord complet sur l\\\'autorité, pas seulement dans l\\\'église, l\\\'autorité en général. Enfin pas seulement\\\"punir\\\", la vrai mot \\\"sanctionner\\\" soit punir OU récompenser; il faut les deux. En tout cas bravo. Répondre | Répondre en citant | Citer
 
 
0 # Laguérie 2016-04-07 12:24 Excellent comme toujours. Mais le \" manque d\'autorité \" explique-t-il tout ? Mgr Barbarin a-t-il manqué d\'autorité à l\'égard du père Hervé Benoît coupable aux yeux des médias d\'avoir dit qu\'à trop invoquer Satan, on finit par provoquer ses manifestations. Et puis, il n\'y a pas si longtemps pour ceux qui ont quelque mémoire, Mgr Barbarin invitait Mgr Gaillot à animer la retraite annuelle de ses prêtres. Mgr Gaillot n\'a jamais fait mystère de son soutien à la cause homosexuelle. Répondre | Répondre en citant | Citer
 
 
0 # daniel chaudron 2016-04-08 08:32 1 -Mgr Barbarin a pris des positions courageuses (défense du mariage naturel,voyages en Orient…). Merci Mgr. Et il est très probablement innocent des fautes que les media lui reprochent.
2- Mgr Barbarin a mis au placard le père Hervé Benoît pour une tribune politiquement incorrecte, mais parfaitement pertinente.
http://www.lepoint.fr/…/a-lyon-le-cardinal-barbarin…
Hodie mihi, cras tibi.
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0 # F.C. de Lyon 2016-04-10 16:15 Cher Henri Hude, tout ce que vous dites est vrai mais passe largement à côté du fond de l'affaire. C'est beau de vouloir avoir un "préjugé favorable" pour Mgr Barbarin quand on ne connaît pas grand chose à l'affaire. Mais la triste vérité est que Mgr Barbarin n'a pas su écouter les victimes et accusateurs de Preynat quand il était encore temps et s'est mis tout seul en difficulté. Désormais, dire qu'il faut avoir un préjugé favorable envers Mgr Barbarin, c'est suggérer qu'il faut avoir un préjugé défavorable envers les victimes et accusateurs de Preynat. Pour ma part, après avoir bien étudié l'affaire, m'être renseigné auprès de bons connaisseurs du diocèse de Lyon, j'ai pris parti pour ces derniers sans la moindre hésitation. Et je regrette que des catholiques fervents qui voient tout cela de très loin se croient obligés de prendre la défense d'un évêque qui, pour assurer sa défense, s'est entouré de spécialistes de la communication de crise dont la déontologie est des plus suspectes. Donc je vous invite à étudier attentivement tout ce qu'a révélé le blog de La Parole libérée avant de persévérer dans votre prise de parole sous peine de vous embourber dans une très sale affaire. Répondre | Répondre en citant | Citer
 

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