Pour éclairer "islamisme" et "laïcité" (1)

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Avertissement : le texte suivant est le premier d'une demie douzaine de posts sur le sujet. Il est tiré de L’éthique des décideurs, ch.11, intitulé ‘Religions, philosophies et laïcité universelle’. Je l’ai en partie réécrit, pour qu’il soit plus lisible en ligne. Son but est de servir à la formation politique et d’éclairer les thèmes de l’islamisme et de la laïcité. Cela n’est pas possible sans un détour par l’essentiel. Il s'agit de formation, non d'information.

 

 

 

 

Liberté politique et séparations des pouvoirs

 

Nous avons tous lu que la liberté politique dépendait de la séparation des pouvoirs.  C’est là une vérité, mais si et seulement si nous rappelons aussi la nécessité de deux séparations plus fondamentales et plus décisives que celle dont il est tout le temps question, entre législatif, exécutif et judiciaire :

1° la séparation entre communautés politiques mutuellement indépendantes – la pluralité des nations – sans laquelle nous tombons presque inévitablement dans l’oligarchie, la ploutocratie, une forme d’esclavagisme, et l’empire ;

2° la séparation entre pouvoir civil et pouvoir d’opinion, qu’on appelait classiquement jadis pouvoir temporel et pouvoir spirituel, sans laquelle nous tombons soit dans la théocratie, soit dans le césaro-papisme.

Parlons ici de cette deuxième distinction.

 

 

 

Ce qu’est une puissance d’opinion

 

La notion de pouvoir, au départ, est simplement la notion de causalité : capacité de produire régulièrement certains effets (bons ou mauvais), en particulier dans le domaine des choses humaines, soit sur l'organisation des gens et des choses (pouvoir temporel), soit sur les opinions et sentiments et décisions des personnes (pouvoir spirituel).

Un individu éloquent, sympathique et entraînant possède un incontestable pouvoir de conviction, de persuasion, d’émotion et d’entraînement : un pouvoir spirituel personnel.

Une télévision détient un énorme pouvoir spirituel, d’autant que l’être humain est souvent passif, somnolent, superficiel, indécis, passionnel, zappeur, léger, etc. C'est un pouvoir spirituel social.

Être actif en matière de pensée représente toujours une dépense d’énergie et de temps et suppose des capacités ou des envies que tout le monde n’a pas spontanément. C'est pourquoi certains exercent plus leur pouvoir que d'autres, et certains se reposent davantage sur les autres.

Il est de toute façon naturel et inévitable de faire confiance à d’autres.

 

Avoir du pouvoir spirituel, c’est en résumé posséder non seulement des moyens de diffusion de pensées, mais aussi un crédit de confiance en matière d’information ou d’opinion.

 

 

 

 

A-t-on le droit de parler de « pouvoir spirituel » ? 

 

 

Des esprits scrupuleux protesteront toujours contre cette expression, au motif qu’il y aurait abus à parler ainsi : l’esprit, en effet, est essentiellement libre.

Sans doute. Mais quelque attaché qu’on soit au respect de la liberté des esprits, il est certain que l’homme concret est un être influençable, même s’il n’aime pas le reconnaître. Il est certain aussi qu’il est souvent influencé.

En outre, si trop d’influence peut dispenser de penser, trop peu d’influence peut laisser l’esprit en sommeil. Certains n’auraient jamais pu se poser, en s’opposant, s’ils n’avaient rien eu à quoi s’opposer. On ne s’appuie, dit-on, que sur ce qui vous résiste. Pour contredire, il faut avoir écouté ; et, pour être original, mieux vaut avoir été disciple. Sans l’éducation, cette influence institutionnalisée, l’esprit resterait en friche.

Si donc par « pouvoir spirituel » on n’entend rien de plus qu’une certaine « causalité », qui a pour effet d’influer sur les esprits et de les stimuler, on voit mal comment il pourrait, ou devrait, ne pas exister de      « pouvoir spirituel ». Car ce serait comme dire que les effets se produiraient sans telle ou telle de leurs causes, ou que la pure spontanéité individuelle suffirait à développer un individu, ce qui n’est vrai (et encore) que pour des génies. Bien entendu, qui dit pouvoir dit aussi possibilité d’abus de pouvoir.

POUR AVOIR LA SUITE (POST N°2) CLIQUER ICI

 

                                                                         

                                 Couverture de L'éthique des décideurs, 2ème édition, Economica, 2013.

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