Comment s'autodétruit la machine nihiliste à broyer les identités

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L’objet de cette série de posts (dont voici le 4ème sur 6) est de faire comprendre comment les libéraux-libertaires discriminent en prétendant pratiquer la non-discrimination. Faire comprendre le fonctionnement de la machine à broyer l’identité culturelle d’un peuple quel qu’il soit. Comment bloquer le fonctionnement de cette machine et comment la mettre à la casse. C’est la condition d’une récupération décomplexée de notre identité. Ces articles reprennent l’essentiel du chapitre 10 de La force de la liberté. Nouvelle philosophie du décideur, Economica, 2013.


 

Résumé des 3 posts précédents :

( Cliquez ICI pour revenir au tout début de l’article )

La théorie postmoderne de la justice (celle de John Rawls) postule que la décision publique juste est celle que prendrait un individu qui supposerait méthodiquement qu’il ignorerait sa propre identité (= « un individu raisonnant sous un voile d’ignorance ») – voir premier article.

La théorie prévoit que cet individu sera neutre, impartial, intéressé à l’équité et à l’égalité entre les identités ; il fera donc une loi ne brimant aucune des identités. Malheureusement, l’expérience contredit la théorie. Ce qui se produit, en fait, c’est la constitution d’une identité négative, qui au lieu d’être neutre se comporte en partisan ; qui, au lieu d’être tolérante, cherche à imposer la négation de toute autre identité ; et qui loin d’établir un espace public pour tous tend à exclure tous les autres de cet espace pour s’y installer comme l’unique identité commune de référence – voir second article.

En outre, la théorie prétend que chacun pourra vivre à sa guise sans subir un ordre moral, mais c’est le contraire qui a lieu, car l’identité nihiliste impose un ordre moral à l’envers – voir troisième article.

 

 

 

 

 

Peut-on sauver la théorie postmoderne de la justice ?

 

 

Avant d’aller plus loin, demandons-nous si l’on peut sauver la théorie postmoderne de la justice, autrement dit : peut-on cesser de discriminer sous couvert de non-discrimination ?

 

La question est de savoir si la clé de voûte de la théorie, c’est-à-dire la fameuse « procédure impartiale », qui ne l’est pas du tout, peut être amendée pour devenir réellement impartiale, si possible.

 

Donc, à supposer qu’on veuille sauver cette procédure et utiliser malgré tout, valablement, le voile dignorance, il faudrait commencer par inclure lidentité nihiliste au nombre des identités entre lesquelles simposerait limpartialité. Chacun voit aisément qu’on en est loin !

 

Il faudrait aussi prendre les mesures et précautions propres à prévenir les abus dont nous venons de parler (machine à détruire les identités non nihilistes et ordre moral à rebours).

 

Comment empêcher que la procédure du voile d’ignorance (= décider en supposant qu’on ne connaît pas sa propre identité) ne procure le moindre privilège à lidentité négatrice ? Pour y parvenir, il faudrait évidemment définir plus largement la discrimination, en y incluant la « discrimination nihiliste », qui consiste à discriminer les identités non nihilistes au profit de lidentité nihiliste.

 

Malheureusement, cette fameuse méthode postmoderne de décision juste, une fois amendée de cette manière, ne sert plus à rien pour déterminer une loi « impartiale ». Car il est évident que la loi dite impartiale est nécessairement partiale en faveur du nihiliste. Et que donc n’importe quelle décision prise sous le voile sera forcément partiale, du point de vue de la théorie. Et donc, sous le voile, on décidera seulement de ne pas décider sous le voile, si on décide au moins de décider.

 

En somme, si lon commence par prendre ces précautions équitables, la procédure nest plus de la moindre utilité, puisquelle ne permet plus dès lors de décider quoi que ce soit.

 

Ceci nous ramène à la pure situation de départ, dont Rawls voulait nous faire sortir : un relativisme des opinions qui déboucherait sur la permission de n’importe quoi, et donc ou l’indécision ou le droit du plus fort et la violence.

 

En résumé, ou bien la théorie postmoderne de la décision juste est injuste ; ou bien elle ne permet pas de décider.

 

Il reste donc à trouver d’autres moyens pour poser un principe de justice objectif (ne débouchant pas sur le droit du plus fort ou du plus arrogant). Pas facile. Mais ce dont on est au moins sûr, c’est que ce principe ne peut pas être procédural. En ceci, la théorie postmoderne de Rawls n’aura pas été tout à fait inutile, puisque c’est elle-même qui permet de l’éliminer du nombre des hypothèses possibles.

A SUIVRE

EXTRAIT DE LA FORCE DE LA LIBERTÉ. NOUVELLE PHILOSOPHIE DU DÉCIDEUR, ECONOMICA, 2013, CH.10.

 

                                                                   

Commentaires 

 
0 # dsds 2015-06-12 18:14 bon billet Répondre | Répondre en citant | Citer
 

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