Lettre ouverte à ceux qui veulent vraiment gagner

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L'article suivant a été publié dans La Nef n°252 d'octobre 2013. Son titre dit assez son sujet et le sérieux du problème. Je le livre paisiblement à la réflexion du public, en appelant chacun à prendre ses responsabilités.


 

Changer de stratégie

 

Beaucoup d’entre nous, avec appréhension ou espoir, s’interrogent sur l’issue des combats politiques à venir. La Manif pour tous se spécialise sur : GPA, PMA, gender, etc. Mais comment ces combats peuvent-ils être dissociés des combats pour l’emploi et donc la justice sociale, l’entreprise et la liberté politique, aux côtés de nouveaux alliés ?

 

Nous ne sauverons pas la famille et l’éducation sans sauver l’emploi. Nous ne sauverons pas l’emploi sans sauver l’entreprise. Nous ne sauverons pas l’entreprise sans nous débarrasser de la nomenklatura française, en dehors de tout esprit partisan.

 

En outre, comment dissocier tous ces combats sans tomber dans un moralisme inacceptable et une hypocrisie, souvent inconsciente, qui décrédibilise notre cause, l’isole dans une classe sociale et la voue à l’échec ?

 

 

L'union fait la force

 

Comment gagner ? En étant les plus forts et c’est l’union qui fait la force. Union entre nous. Union avec d’autres que nous.  

 

Et donc d’abord, il faut nous réunir tous entre nous. Rassembler tous les talents, avoir l’humilité de promouvoir les meilleurs, non les plus ambitieux, ou les plus stylés, ou les mieux nés, cesser de rogner tout ce qui déborde, cesser de s’enfermer dans son petit monde, cesser de préférer chacun être le premier dans une équipe qui perd, que le énième dans une équipe qui gagne.

Nous avons perdu le combat de la loi Taubira, tout simplement parce que nous n’étions pas les plus forts. Et nous étions faibles parce que nous étions seuls, tout comme sont seuls les entrepreneurs, ou les classes laborieuses privées de travail productif et d’avenir. À la veille des prochains combats, n’y a-t-il rien de changé aux rapports de forces ? Non ? Dans ce cas, nous sommes certains de les perdre. Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas les livrer, mais que nous avons le devoir de les livrer autrement, et que si nous ne changeons pas, si nous n’adoptons pas enfin une stratégie gagnante, nous serons responsables des défaites futures. Si nous voulons vraiment gagner, si nous voulons sincèrement gagner, que devons-nous faire ? Devenir les plus forts ! Mais comment ? En nous réunissant et en passant des alliances.

Même rassemblés à 100 %, nous n’atteignons pas la masse critique. Si nous voulons gagner, il faut unir notre masse à d’autres masses écrasées par la même nomenklatura française, unie, elle, par ses intérêts égoïstes et son idéologie libérale-libertaire. L'oligarchie écrase les parties disjointes de la nation et règne sur toutes en les divisant. 


Nos alliés potentiels, encore une fois, ce sont les classes laborieuses, qui ont zéro avenir économique sous le régime présent. Ce sont les entrepreneurs écrasés par la fiscalité, l’autoritarisme et les privilèges de la nomenklatura.

 

 

On nous parle d’engagement politique ? Mais où s’engager ?

 

L’organisation présente des forces politiques dépend de principes caducs, qui font corps avec ce monopole de la nomenklatura, dont les deux factions alternent au pouvoir. Les deux extrêmes ont pour fonction objective, à leur corps défendant peut-être, à la fois de servir de vases d’expansion aux mécontents et de s’opposer assez entre eux pour empêcher leur réunion. Et dans le parti unique en deux moitiés, les vrais travaillistes à gauche, les vrais conservateurs à droite, ont la même vocation à jouer les supplétifs et les dindons de la farce, cependant que ce sont toujours les libertaires, économiques et culturels, alliés entre eux, qui tirent les marrons du feu.


Il ne s'agit pas de se complaire dans l'abstention, ou dans un splendide isolement, mais de comprendre que l'action politique réelle aujourd'hui ne passe pas pour le moment par des partis, mais par la préparation patiente d'une table ronde nationale, qui réunira un jour toutes les victimes de ce régime néfaste et absurde (c'est à dire tout le monde sauf l'oligarchie), et qui rebâtira un bien commun économique, et par rapport auquel chacun des partis aura à se déterminer - ou à se scinder.

 

Au lieu d'essayer de mettre du vin nouveau dans de vieilles outres, faisons donc jaillir un autre esprit, inventons un nouveau bien commun en liant entre elles les trois masses opprimées, et nous introduirons un facteur de restructuration des forces politiques, nous sortirons du piège actuel et de ses fausses questions, nous aurons enfin l’espoir et la certitude de gagner, parce que nous serons les plus forts.

 

 

En finir avec le pharisaïsme qui est un contre-témoignage et une garantie de défaite

 

Si nous ne nous allions pas à ces autres masses, nous ne voulons pas gagner.

 

Que voulons-nous alors ?   Jouer les Machiavels de sous-préfecture dans le marigot de la nomenklatura ? Gagner un strapontin dans la prochaine combinaison gouvernementale ? Servir de caution morale à la même politique, menée plus en douceur, avec les formes et des manières plus bourgeoises ? Que fait par exemple Vincent Peillon, sinon mettre ses pas, de manière plus radicale, dans les pas de son prédécesseur, qui a fait en catimini le lit de la loi Taubira ?  

 

Nous montrerons alors un esprit partisan et nous oublierons de critiquer, parce que nous serons au chaud, prisonniers de nos complicités. 

 

C'est une hypocrisie, à Gauche, de faire comme si on pouvait avoir une politique respectueuse des intérêts populaires, et démocratique, tout en promouvant une culture libertaire, dont l'application la plus évidente est le comportement des "Gods of Money" de Wall-Street.

 

C'est du pharisaïsme, inversement, de faire comme si on pouvait avoir une authentique défense de la famille sans avoir souci des intérêts populaires et sans rompre radicalement la solidarité avec l'égoïsme monstrueux de l'oligarchie. C'est du pharisaïsme de faire comme si on pouvait détester la politique et l'idéologie libertaires quand il s'agit des mœurs familiales, et les supporter tranquillement quand il s'agit des mœurs économiques et qu'elles écrabouillent le peuple, sans trop frapper encore l'élite conservatrice.

 

Tant que nous n'aurons pas rompu avec ce pharisaïsme (peut-être est-ce bien celui dont parle le pape François ?), nous ne changerons rien et nous continuerons à être battus, parce que nous ne méritons pas de gagner, et surtout parce que nous ne voulons tout simplement pas gagner. Ce ne serait pas juste de se battre assez pour avoir bonne conscience, mais pas assez pour rebâtir le bien commun et passer les alliances - parce que ce serait préférer de fait la solidarité économique avec l'oligarchie à la défense effective de la famille et de la culture et du peuple.

 

Le "Peuple d'en bas" voit encore avec indifférence, pour le moment, se battre deux factions de l'élite, l'une libérale-libertaire, l'autre plus conservatrice, sur des sujets non sans intérêt, mais qui pour lui ne sont pas le sujet. A ses yeux, toutes deux se montrent indifférentes aux effets mortifères du libertarisme économique. Quelle faction se soucie réellement de son sort ? Logiquement, le peuple est plus indigné contre celle qui devrait être plus morale, si elle était cohérente et loyale.

 

Nous sommes enfermés dans une stratégie perdante. Si nous en sortons par le haut, nous pouvons gagner.

 

 

Nous pouvons gagner. Comment ?

 

Si on voulait vraiment s'attaquer à la question du chômage, de l'entreprise, de la monnaie, de la création monétaire, des traités oligarchiques etc. -  alors on rebâtirait le bien commun, et pas seulement dans un seul pays. L'idéologie libertaire sauterait comme un bouchon de champagne, car elle n'est que l'âme de ce corps qui ne marche plus C'est alors que, de surcroît, par simple effet systémique, l'abjection libertaire des lois Taubira and Co passerait à la trappe avec la barbarie économique libertaire.

 

Comment gagner ? En cherchant comment nous unir au peuple laminé, aux entrepreneurs détruits. Les alliances peuvent changer les rapports de forces d’une manière décisive et stopper la barbarie.

 

Elles sont énormes, aujourd’hui, et supérieures à tout le pouvoir de l'oligarchie française, ces énergies virtuellement solidaires du bien commun à rétablir. 

Commentaires 

 
0 # Hans Lejarec 2013-10-21 23:27 Oui la division est synonyme de défaite mais pour surmonter cela il faut de l'intelligence (surmonter les divergences mineures), du courage (de lutter, d'oser un nouveau système, de supprimer les privilèges et les rentes) et de l'abnégation (l'intérêt collectif d'abord) en plus d'un programme crédible, d'une audibilité médiatique. En tout cas, deboutlafrance.fr vous est acquis. Répondre | Répondre en citant | Citer
 
 
0 # labelledere 2013-11-04 13:00 mais convaincre qui de se rassembler?? Le Pen, Dupont-Aignan, des hommes de l UMP? Répondre | Répondre en citant | Citer
 
 
0 # ERIC 2013-11-18 23:15 Un mouvement gagnant est le mouvement Nous-citoyens . Il est vecteur d'union sans l'oligarchie. Rejoignez le

Encore bravo pour vos articles - messages d'espérance.
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