Fonder demain (2)

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Voici la seconde partie d’une prise de parole devant deux cents jeunes à la soirée de lancement de fonder demain.  

POUR LIRE LA PREMIÈRE PARTIE

 

Le pain demain ?

 

Quel est le demain économique de notre peuple ? Nous sommes exposés à la concurrence internationale, la circulation des capitaux est libre, notre solidarité sociale est financée par des taxes sur le travail et l’Etat doit emprunter à intérêt pour investir. Dans cet ensemble de conditions, investir dans ce pays devient suicidaire, et il n’y a plus aucun avenir économique pour sa jeunesse. Comment fonder un demain sans remettre en question les règles économiques et financières fondamentales d’aujourd’hui, qui sont tellement iniques ?

Nous sommes attachés à un universalisme, enraciné sans doute, rationnel et chrétien, dont l’Europe et la mondialisation sont des aspects. Mais quel est le demain d’une Europe et d’une mondialisation qui signifient de plus en plus pour ses jeunes et ses habitant : « Pas de demain ! Votre devoir est d’accepter la mort économique pour l’amour de l’universel. Tout va pour le mieux. Notre idéologie est parfaite. Tout cela passera tout seul. Et si on faisait autrement, ce serait pire. »

Dans ces conditions, « demain » aurait pour nom : « révolution ».

 

 

Marché et solidarité

 

Sans doute faut-il avoir conscience de la nécessité pragmatique et morale du commerce, des échanges, de leur valeur humaine et de la nécessité d’un développement global et partagé. Mais cela ne peut pas être au prix d’un libéralisme économique libertaire, qui condamne des peuples entiers à la mort économique.

Fonder demain, c’est donc inventer au-delà d’un simple protectionnisme qui fait en effet souvent corps avec l’Etat fermé, l’hostilité et la guerre, mais aussi au-delà d’un libre-échange équivalent à la fois à monopole et à esclavage, ou clochardisation ; c’est inventer, dis-je, une union du marché et de la solidarité, du libre commerce et de l’investissement responsable dans des zones économiques cohérentes - intérieurement cohérentes et ouvertes les unes aux autres de façon raisonnable et bien réglée. Rien de cela n'existe dans ce monde déstructuré livré aux "Gods of Money" de Wall Street.

 

 

Ce sans quoi tous nos discours ne sont que du blablabla

 

Peu de temps avant son assassinat, le Président Lincoln a déclaré en 1865 (je traduis librement) :

“L’argent est la créature de la loi. Donc, l’origine radicale et le monopole de l’émission monétaire doivent être constamment réservés au gouvernement national. (…) Ainsi les contribuables seront-ils préservés d’une affreuse masse de dettes et d’intérêts. (…)

Ainsi le peuple pourra-t-il être et sera ainsi muni d’une monnaie qui sera toujours aussi solide que son Gouvernement saura rester sage et juste. Ainsi l’argent cessera-t-il d’être le maître et deviendra le serviteur de l’humanité. (…)

Et la démocratie s’élèvera à un niveau supérieur au pouvoir de l’argent[1].”  

 

 

Servir le peuple

 

En finissant sur cette citation, je ne pense pas d’abord à vous qui êtes ici, vous qui êtes une élite et qui tirerez toujours votre épingle du jeu. Je pense à votre génération entière, à l’immense jeunesse dont vous faites partie et qui n’a pas eu votre chance.

Fonder demain, si vous méritez de fonder, cela veut dire pour vous fonder demain pour eux et avec eux. Soyez leurs fondés de pouvoir.

Cela veut dire vous mettre à leur côté et à leur service pour les aider à fonder un demain qui soit aussi le leur.

POUR LIRE LA PREMIÈRE PARTIE



[1] Cité dans William Engdahl, Gods of Money, Wiesbaden, 2009, p.13.

Commentaires 

 
0 # Philippe 2013-11-07 14:46 Henri, quand est-ce que tu fondes : "le cercle des philosophes disparus" avec Ferry Xavier ? Répondre | Répondre en citant | Citer
 

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