Perspective d'une action politique

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 La « Manif pour tous » marque un renouveau de la vie politique en France.

-      Remportant des succès tactiques remarquables, le peuple des familles s’organise et prend conscience de sa force, mais peine à obtenir des résultats politiques concrets (1).

-      Ce peuple des familles n’est pas la seule cible de la petite minorité qui nous gouverne, qui représente de moins en moins le pays et qui répond de moins en moins à ses attentes (2).

-      Pour l’emporter, il doit chercher  des alliés et donc s’ouvrir aux autres forces sociales qui portent des revendications légitimes, également opprimées par le même ennemi du bien commun (3).  

 

 

 

1. La Manif pour tous : des victoires tactiques mais pas encore de résultat stratégique

 

La « Manif pour tous » a obtenu un succès tactique remarquable et inespéré : pour la première fois depuis très longtemps, l’adversaire « politiquement correct » est réduit à la défensive et à la radicalisation.

 

Ce succès est le résultat du courage politique d’un certain nombre de précurseurs, et de l’intelligence de leur tactique.

 

En effet, la « Manif pour tous » s’est dotée d’instinct d’une tactique de grande modération :

-      ne ciblant ni le cœur, ni l’ensemble du système économique, politique, idéologique et sociétal, voulu par la petite minorité libertaire,

-      se concentrant sur la loi Taubira et ses excès odieux (adoption, PMA, GPA, etc.),

-      évitant la violence. Notons que l’adversaire, déconcerté, a réagi par des excès contreproductifs.

 

Cette tactique de résistance dans la paix a rendu le pilonnage médiatique peu efficace et a permis une mobilisation massive. Ceux qui se sentaient hier encore isolés et en état d’infériorité ont pu mesurer leur force, avec stupéfaction. Ils ont pris conscience de l’extrême vulnérabilité stratégique d’un régime qui, dans tous les domaines, est au bord de l’effondrement.

 

Toutefois, malgré son succès tactique remarquable, la « Manif pour tous » peine à atteindre des objectifs politiques concrets.

 

Le peuple des familles bute sur les murailles d’un système nihiliste, dont la mise au pas idéologique est le dernier levier d’action. C’est pour cela que cette petite minorité qui dispose de presque tous les pouvoirs politiques et institutionnels (en termes classiques : cette « oligarchie[1] ») s’y agrippe avec l’acharnement de ceux qui sentent les rapports de force s’inverser.

 

Face à ce déni de démocratie, les familles de la Manif pour tous doivent rompre leur isolement stratégique et passer des alliances avec les autres forces sociales du pays. Le combat pour la liberté d’éducation et le statut social des familles est parfaitement légitime et nécessaire, mais il n’est qu’une des grandes revendications de justice que le peuple français porte contre l’organisation présente.

 

 

 

2. Les autres forces démocratiques non représentées

 

Il existe dans notre pays d’autres forces qui portent une volonté sincère de réforme économique, démocratique et institutionnelle. Elles aussi sont dans l’impasse. Chacune a ses qualités et ses faiblesses. Aucune n’est représentée démocratiquement.

 

Pour transformer les succès tactiques de la « Manif pour tous » en victoire stratégique durable, il faut nouer les alliances indispensables avec les deux autres forces sociales opprimées par le pouvoir. Ces deux forces, appelons-les : les « Pigeons » et les « Florange ».

 

                      2.A. Le mouvement des « Pigeons ». Ce fut, on s’en souvient, un embrasement spontané des entrepreneurs. Ce sont eux qui investissent et créent des emplois en France et que l’ordre administratif et fiscal traite en ennemis numéro 1, et étouffe par ses taxes et ses normes. Cette technocratie pourtant, ne survit que parce qu’ils sont là et qu’ils acceptent de payer des taxes.

 

Cette courte révolte des entrepreneurs pour leur survie économique, qui est aussi la nôtre, a été étouffée. Comme le peuple des familles aujourd’hui, le peuple des entrepreneurs s’est battu seul et n’a pu réformer le système oligarchique. 

 

Or le combat des « Pigeons » concerne au premier chef les classes laborieuses (les « Florange »), ainsi que les familles. En effet ce sont les PME qui créent les emplois pour la jeunesse. Ce ne sont pas les grands groupes, qui pourtant bénéficient de l’appui des niveaux étatique et administratif. Les grands groupes, à l’exception des institutions financières, peuvent très bien survivre malgré l’effondrement de la France. Ce n’est pas le cas des PME.

 

Et comment un pays peut-il être démocratique s’il n’existe pas de puissances intermédiaires et indépendantes comme le sont les PME prospères ? Comment une démocratie équilibrée, et non pas monopolisée par une ultra-minorité, peut-elle exister, sans de libres associations de familles jouant pleinement leur rôle ? Comment peut-elle exister sans associations de salariés exerçant avec réalisme une pression responsable, orientant l’économie vers le développement local et le progrès social ? Comment peut-il en un mot exister de démocratie qui ne soit pas un simple mot couvrant la réalité d’une oligarchie, sans de tels corps intermédiaires ?

 

 

                      2.B. Le mouvement des « Floranges ». Depuis de longues années, notre pays a cessé d’être gouverné dans l’intérêt économique des classes laborieuses. Elles se dressent régulièrement, alors qu’elles voient s’effondrer petit à petit leur outil de travail et leur avenir économique.

 

La conjonction du socialisme étatique, administratif et social avec le grand mouvement de financiarisation et de libéralisation de l’économie est mortelle pour l’avenir économique de tous ceux qui ont besoin de travailler pour vivre. Le refus de toute la classe politique de réformer le système étatique et de développer une stratégie économique d’adaptation au monde tel qu’il est, voici la raison de l’effondrement économique du pays.

 

Les protestations de la classe laborieuse, sa souffrance et ses convulsions sont cyniquement exploitées en temps d’élection, et abandonnées aussitôt après.

 

Ceux qui deviennent les pauvres, et demain les misérables, de France, sont politiquement dans l’impuissance et le désespoir. Ils savent bien que ce ne sont pas des néo-communistes libertaires qui remettront le pays sur la voie du développement économique et du progrès social.

 

Ainsi, les classes populaires elles aussi, sont bloquées devant le mur de l’oligarchie, car cette élite sans légitimité ne remettra jamais en cause son système idéologique ni son système de petites positions privilégiées.

 

Pourtant, le combat des « Floranges » pour le travail concerne toutes les familles de France. Celles-ci, au-delà de leurs légitimes préoccupations d’ordre sociétal ou éducatif, se soucient de plus en plus de l’emploi futur de leurs enfants. Le combat des « Floranges » concerne aussi toutes les petites et moyennes entreprises de France, qui sont, de leur côté, toujours par idéologie, étouffées, au bénéfice exclusif de l’oligarchie.

 

 

 

3. Union des trois mouvements.

 

La fraction politico-médiatique de la petite minorité qui nous gouverne, est passée maître dans l’art de diviser pour régner et d’exploiter les vieux réflexes culturels.

 

Admettons en effet qu’il n’est pas naturel à nombre de participants de la Manif pour tous, d’étudier à fond les préoccupations des syndicats non idéologiques, pour voir ce qu’il y a de légitime dans leurs revendications. Inversement, dans les classes populaires confrontées à la pauvreté, la promotion de la famille, ou bien de la liberté des entrepreneurs n’est pas une préoccupation majeure.

 

Et pourtant, sans une alliance substantielle, tous les partis réformateurs seront battus les uns après les autres par l’ultra-minorité, qui à défaut d’être le nombre, ne manque pas de moyens. Mais les réformateurs peuvent l’emporter, si chacun cesse de se désintéresser du sort des autres.

 

Les réformateurs français doivent donc s’ouvrir les uns aux autres, et comprendre la légitimité des demandes des autres, au-delà des vieilles divisions traditionnelles.

 

Face à l’oligarchie libertaire, la « Manif pour tous », avec les « Florange » et les « Pigeons » est ainsi une des trois forces d’un « triangle démocratique ». Isolée, aucune de ces forces ne peut secouer le joug. Unies, elles représentent une majorité écrasante, ainsi que la légitimité historique d’un mouvement de réforme fondamentale.

 

En effet, ce triangle démocratique représente TOUT ce qui produit, éduque et innove dans ce pays, bien que politiquement il ne représente RIEN. A l’inverse, chacun a compris que cette ultra-minorité nihiliste, véritable parasite de la démocratie, possède tous les leviers du pouvoir et de l’influence, alors qu’en réalité elle ne représente personne. 

 

La question est donc : voulons-nous devenir politiquement QUELQUE CHOSE ? Voulons-nous réellement gagner ? Voulons-nous reconquérir pour nos enfants un avenir économique, une liberté politique, une possibilité de vie familiale digne et indépendante ? Alors, il faut s’ouvrir, aller vers les autres forces démocratiques du pays, comprendre leurs enjeux, parler avec eux, montrer qui nous sommes et les découvrir eux aussi, au-delà des clichés, faire connaissance, faire peuple à nouveau, apprendre à dépasser les divisions artificielles qui ne profitent qu’au désordre existant.

 

Quand sera faite l’union des trois forces démocratiques, quand existeront entre elles des passerelles et une concertation, alors elles s’imposeront naturellement et pourront organiser la réforme sociale et économique. Les dirigeants actuels ne pourront plus que se rallier, se réformer, ou partir. Le pays pourra alors reconstruire son avenir, dans un plein sens de nos responsabilités en Europe et dans le monde. 

                           

 


[1] Du grec ancien oligoi, qui signifie « un petit nombre ».

Commentaires 

 
0 # Paul N. 2013-04-24 22:53 Monsieur,

Votre analyse est intéressante, et sans doute, comme nombre de vos articles plus anciens, prophétique. Je réfléchi intensément aux suites possibles pour le mouvement qui s'est levé ces derniers temps, et vos idées sont un guide que j'apprécie, mais que je peine à transformer en propositions d'actions concrètes.

A la suite de votre précédent article, j'ai laissé un commentaire où je vous demandais à entrer en contact direct avec vous. Peut-être ne l'avez-vous pas lu. Je renouvelle ici ma demande. Est-ce possible ?

Cordialement

Paul N.
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0 # Henri Paul Hude 2013-04-26 18:52 Cher ami, merci de vos commentaires. Ne croyez surtout pas à une négligence de ma part, mais comme vous imaginez, j'ai aussi un métier et ces derniers temps il a été très prenant. L'administrateur du site voudra bien avoir l'amabilité de me transmettre vos coordonnées et je vous contacterai. Je l'en remercie d'avance. HH Répondre | Répondre en citant | Citer
 
 
+2 # Campredon 2013-04-24 22:55 Brillant et fécond exercice intellectuel !
mais que de barrières sociales, culturelles à franchir.
Et comment faire pour que ces mouvements restent la "propriété" de ceux qui les vivent , sans être trahis par une nouvelle oligarchie ?
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0 # Henri Paul Hude 2013-04-26 19:18 Cher ami, vous posez les bonnes questions. Merci ! Vous ne minimisez pas les difficultés et vous avez raison. C'est sur elles que compte la petite minorité nihiliste pour se maintenir.

Voici quelques propositions concrètes.

1° Je propose d'abord que nous nous posions tous ces questions et ensemble. C'est notre manoeuvre de salut public à tous.

2° Ensuite, je pense que le premier pas devrait être fait par la jeunesse LMPT vers les Florange, car, pour diverses raisons, il y a moins de chances pour que l'inverse se produise spontanément. Il faut aller à la sortie des usines et des PME locales, faire connaissance, s'enquérir des problèmes, rendre service, aider, aider à s'entraider, etc. A un certain moment, la seule chose qui compte, c'est d'avoir fait quelque chose de concret pour les gens.

3° J'ai noté à la dernière MPT la présence et l'excellent discours d'un dirigeant de la CFTC. Je propose donc que toute cette belle jeunesse qui s'engage, veille, manifeste, etc. aille tout de suite s'inscrire dans ce syndicat, ou tel autre, et en masse. Pas dans les partis, car pour l'instant, le système partisan fonctionne comme un piège et une machine à diviser le triangle démocratique. Voyez, par exemple : http://www.henrihude.fr/mes-reflexions/50-democratiedurable/286-jusqua-quand-subirons-nous-les-liberaux-libertaires-ll-

4° Ensuite, je pense qu'un patron de PME devrait se considérer aussi (à sa façon) comme le premier syndicaliste de sa "boîte".

5° Ensuite, les salariés devraient se dire que s'ils ne défendent pas leur patron contre les persécutions et pression administratives , fiscales, politiques, etc. personne ne le fera et qu'ils perdront leur boulot.

6° Ensuite, même s'ils n'ont pas fait de longues études, ils ont du bon sens. Ils sont capables de voir qui leur donne du travail, qui leur en enlève, et qui essaye d'exploiter leur mécontentement sans rien leur donner en échange. Le néo-communisme libertaire violent, par exemple, est le meilleur allié des banksters.

7° Il faut aussi avoir une idée claire de la durée dans laquelle s'inscrit l'action politique qui vient de commencer. Pas de précipitation. Nous en reparlerons.

Si ces propositions vous semblent intéressantes, faites les circuler, avec la référence à cette page. http://www.henrihude.fr/mes-reflexions/50-democratiedurable/300-2013-04-24-17-56-51

Bien sincèrement. HH
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0 # Xavier Ferry 2013-04-28 19:47 Bonjour Mr Hude,

Un mouvement de cet ordre est en train de se mettre en place avec les Veilleurs.

Je vous ferai suivre les prochaines étapes de cette réflexion qui déjà commencé.

En attendant je vous joins deux liens utiles dans les process de lutte non violente contre les dictatures. http://www.youtube.com/watch?v=B0312xZmqGY
www.aeinstein.org/organizations/org/FDTD_French.pdf

Bien cordialement
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0 # Olivier 2013-04-25 16:38 D'accord avec cet article qui rejoint une partie de ce qui est écrit ici :
http://www.ndf.fr/poing-de-vue/25-04-2013/pour-une-extension-du-domaine-de-la-lutte#comment-69811
Je pose donc les mêmes questions :

Comment rejoindre nos compatriotes les plus faibles, préoccupés d’abord par leur avenir social et peu au fait des répercussions de ces bouleversements civilisationnel s ?
Comment les alerter de ces dangers ?
Comment les défendre, y compris d’un point de vue matériel ?
Il faut en discuter, et agir !
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0 # Henri Paul Hude 2013-04-26 19:27 Ami, j'ai lu le texte cité dans votre commentaire et noté avec plaisir un accord assez profond. Pouvez-vous regarder la réponse à Campredon, (commentaire précédent)et voir si ceci répond partiellement à la question?
Par ailleurs, je crois qu'il faut avoir conscience du fait que le rapport de forces est extrêmement favorable, et que le seul espoir de la petite minorité est de maintenir la division et de faire fonctionner ses leurres et pièges habituels. Je crois qu'il faut voir grand et je suis certain qu'on va gagner, mais pas en trois semaine, ni même dix huit mois. Amicalement. HH
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+3 # Houillon 2013-04-26 11:08 bien d'accord avec cette analyse, mais alors, n'en restons pas là, organisons nous, que proposez vous pour cette organisation ? Répondre | Répondre en citant | Citer
 
 
0 # Henri Paul Hude 2013-04-26 19:37 Merci de votre commentaire clair et net, et pratique.
Il faut discuter constructivemen t et mettre au point les tactiques gagnantes.
La lutte juridique, en particulier, relayée par le buzz, peut être extrêmement efficace.
Me permettez-vous de faire référence à la réponse aux commentaires précédents, nnotamment celui à Campredon ? Désormais, je les prends dans l'ordre d'arrivée, c'est (à l'expérience) la meilleure façon de faire, et si je ne réponds pas à tous, c'est que les journées n'ont que 24 heures et qu'on a tous un travail à faire de notre mieux.
Nous ne sommes qu'au tout début du mouvement. Quant au régime, il n'en est qu'au tout début de la descente aux enfers.
Le mot d'ordre fondamental aujourd'hui est : légalisme et non violence, et créer le lien entre nous tous.
Ne pas trop chercher à formaliser le mouvement. Ne pas se poser des questions de chef, de pouvoir, etc. Cela viendra tout seul, si le mouvement se déploie et ouvre une perspective réelle.
Ne pas dériver dans la lutte partisane, ou électorale, qui aujourd'hui est plus un piège qu'autre chose.
Seule notre division nous maintient dans la sujétion. Unissons-nous. Et aussi à nos amis belges, italiens, espagnols, allemands, etc.
Je suis certain que nous allons l'emporter, mais il faut voir que c'est du fond, pas du sprint.
Amicalement.
HH
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0 # Michel 2013-04-27 12:59 Bonjour,
Il faut inciter les responsables de ces mouvements (ils sont connus) à se retrouver autour d\\\'une table pour fonder un nouveau parti ou mouvement regroupant l\\\'ensemble des \\\"troupes\\\".
Rien n\\\'est possible sans volonté et un minimum de concessions; soit c\\\'est utopique et rien n\\\'est possible et on rentre dans le même système nihiliste et il ne sert à rien de râler, soit on a volonté et on peut soulever des montagnes. C\\\'est exactement la même problématique qu\\\'avec les partis politiques minoritaires qui défendent chacun leur \\\"paroisse\\\".
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0 # Henri Paul Hude 2013-04-27 18:34 Merci de ce commentaire pratique.
A mon avis, il faut prendre tout son temps. Les nihilistes n\'ont encore rien vu et à terme ils sont finis.
Le chômage va croitre irrémédiablemen t, c\'est sans espoir de ce côté. On voit bien, aussi, qu\'ils sont incapables d\'inspirer de la considération et de susciter la confiance. Ils n\'ont aucune perspective culturelle, sauf des surenchères de plus en plus glauques dans la transgression nihiliste. Le peuple va craindre de se voir entraîné par eux dans les aventures militaires des USA. Ils veulent asservir la société alors qu\'ils n\'ont pas de dynamique. A terme, ils n\'ont plus que l\'option de la force pure. Or ni la police, ni les CRS, ni la gendarmerie ne se prêteront, à mon avis, à une évolution vers la dictature. Donc, prendre tout son temps. Les laisser cuire dans leur jus. Ils doivent porter la responsabilité de la faillite.
Considérer que, si nous ne faisons pas d\'erreur, ils sont déjà partis pour toujours.
En particulier, ne pas se précipiter dans un jeu politico-médiatique encore structuré comme un piège et rempli de leurres.
Prendre le temps, aussi, de changer de langage et de concepts. Car c\'est là que sont les leurres et les pièges les plus efficaces. C\'est ce que j\'essaye de faire, pour ma modeste part, dans La force de la liberté, mon dernier livre. http://www.amazon.fr/La-force-libert%C3%A9-nouvelle-philosophie/dp/2717865543
Votre HH
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0 # Jean-Luc 2013-04-28 08:50 Merci Henri pour cet article. J\'adhère entièrement à ses conclusions et aux divers commentaires. Je crois que le plus difficile dans l\'immédiat est la gestion du temps. Nous nous inscrivons dans une durée longue qui est l\'inverse du temps qui nous est imposé par la clique politico-médiatique qui a la prétention de gouverner. Il faut re-donner au peuple cette espérance que nos jeunes chantent à longueur de veillée et par là leur rendre la persévérance. L\'adversaire même s\'il est aux abois est coriace et ne se laissera pas faire sans réagir.

Au plaisir de te retrouver sur ta messagerie.

Jean-Luc
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0 # Henri Paul Hude 2013-04-29 10:44 Cher Jean-Luc, merci de ce message. Nous aurons j\'espère l\'occasion d\'en parler de vive voix, cet été. Oui, il s\'agit d\'une durée longue, au terme de laquelle on aboutira sans doute à un renouvellement complet des règles du jeu économique et politique, ainsi qu\'à une marginalisation de l\'idéologie. Sinon il n\'y aurait plus pour personne ni avenir économique, ni liberté politique, ni possibilité de vivre sans être asservi à une culture nihiliste. C\'est donc une question de vie ou de mort pour les trois groupes concernés. Il faut que celui des trois qui est le plus mobile et disponible prenne l\'initiative des contacts. Il faut que cela se fasse d\'abord à la base, où il faut aussi inventer (c\'est ce qui se fait) au jour le jour les tactiques originales de défense gagnantes, et créer l\'unité, car le sommet pour l\'instant est totalement verrouillé. Évitons la précipitation, restons calmes, car si le peuple ne fait pas d\'erreur, l\'oligarchie a perdu la partie en quelques années. A toi. Henri Répondre | Répondre en citant | Citer
 
 
0 # Christian 2013-04-29 23:31 Cher Henri,

· La Manif pour tous parvient à ce que la manif annuelle pour la vie essayait d\'être depuis plusieurs années, un large mouvement populaire.
Cette différence de taille et cette diversité de participants proviennent d\'une préparation des consciences depuis cinq ans (ainsi les veillées de prière pour la vie avec tous les évêques d\'Ile-de-France, dont on n\'a pas mesuré la nouveauté et les effets accumulés), et du choix du 15 août, période réceptive où la France se repose et se recueille, pour la demande de prier pour la famille exprimée par le Cardinal Vingt-Trois. Pour beaucoup, ce fut un point de départ.

La Manif pour tous a les caractéristique s des grands rassemblements catholiques, où la multitude est déterminée et sereine.

C\'est dire que je fais entièrement mien le constat de la 1è partie, en attribuant une partie de la mobilisation à la persistance de la vie paroissiale et au crédit considérable attaché à la parole des évêques, contrairement à ce qu\'une longue période d\'effacement laissait croire. L’Église est dans son rôle millénaire de défense des personnes et des familles contre toute tentative de privatisation d\'où qu\'elle vienne au cours de l\'Histoire.

· Les deux autre parties ouvrent des perspectives politiques sans évocation de l\'offre politique existante. En cela elles sont rafraîchissante s comme le fut le gaullisme qui cherchait à s\'affranchir du dispositif politique de la 4e République.

Le rapprochement avec le monde des PME est aisé. Nombre de ses membres sont à la Manif pour tous.

· Le lien avec les \"Florange\" est beaucoup plus difficile au plan pratique: les trois grandes confédérations syndicales sont favorables à l\'extension du mariage, par progressisme ou par opportunisme. Il reste la CFTC, qu\'il faut soutenir, et surtout les non-syndiqués, majorité silencieuse sans conscience d\'elle-même, abandonnée.

· Faute de parti selon notre cœur, si on ne se place pas sur le terrain des élections politiques, il reste à continuer à manifester, dans le cadre de la Manif pour tous, car celle-ci a déjà porté des fruits, avec la révélation d\'une majorité motivée et de sa combativité, parvenue à provoquer un réveil et une évolution de l\'opinion sur ce sujet. Comme tu le dis, il faut entretenir par le plus de moyens possibles ce mouvement. Le sujet du mariage porte en lui tout le domaine éthique. C\'est une merveilleuse phase d\'éveil possible des consciences. Comme catéchiste en Terminale, c\'est cette miraculeuse \" fenêtre de tir \" que j\'ai envie de cultiver.

bien à toi

Christian
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0 # Pierre-Olivier 2013-04-29 23:37 Cher Henri,
Je n\'ai pas de compétences particulières sur l\'action politique et me trouve même démuni pour penser les événements actuels (c\'est pourquoi j\'ai besoin de lire ceux qui ont une plus grande clairvoyance comme toi qui réfléchis depuis longtemps à ces questions). Il me semblait que Nicolas Sarkozy avait anticipé le \"retour des valeurs\" (au sens de l\'écologie humaine) dans la société et que peut-être d\'autres à l\'UMP sont en mesure de faire un travail salutaire sur les conséquences à tirer du mouvement La Manif pour tous.

Je suis séduit par une Christine Boutin, un Jean-Frédérique Poisson et j\'aurai bien vu une alliance large et multiforme entre le PCD, La Manif pour tous, une partie de l\'UMP… une espèce de mouvement large capable d\'intitiative politique, de proposition,… Voire aussi une espèce de label un peu comme Nicolas Hulot pour les présidentielles de 2007. La vague de candidats jeunes et bien formés lors des dernières législatives (essentiellemen t PCD) était un beau signe d\'engagement et de renouveau malgré une inefficacité foncière à la fin en terme d\'élus.

Je pense comme toi qu\'il faut aussi voir large et réconcilier le \"sociétal et le social\", le respect de la vie, de la famille et l\'entreprise,… Plus le mouvement sera large, multiforme, avec une charte précise, rigoureuse et claire, plus les talents vont émerger.

On parle beaucoup de Tea party à la française : ton \"expérience\" américaine serait intéressante pour nous donner des pistes car peu de Français savent vraiment de quoi il en retourne aux USA.

Amitiés,
Pierre-Olivier
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0 # Julien 2013-05-02 21:48 Merci pour votre analyse.
Il est vrai que les français doivent s\'unir mais le gouvernement arrive à très bien le diviser.
Plusieurs amis, ont coupé les ponts avec moi pour mes idées prononcées car ils croient en la propagande des médias. Et je ne doit pas être un cas isolé. Les gens ne dialoguent plus, ils ont peur du débat.
Espérons que tous les français puissent ouvrir les yeux sur ce semblant de démocratie.
Les valeurs de la France ont disparu malheureusement : on ne peut plus faire confiance aux gens, tout n\'est que pour l\'argent..
Vivement que cela change.
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0 # alain 2013-05-08 20:34 POURQUOI LA RADICALISATION DES MASSES ?

http://julesmonnerot.com/

on peut distinguer dans les processus révolutionnaire s des années 30 en Europe 2 processus intimement liés:

- un changement des qualités dominantes de la classe politique ou, plus strictement, des éléments les plus déterminants de cette classe.

- un processus de formation de pouvoir:

une situation de détresse entrainant un mouvement de déstructuration sociale se traduit dans la psyché des éléments sociaux les plus homogènes par la crainte et l'aversion du chaos, par une appréhension grandissante devant les progrès du chaos subis, ou imaginés.

Le changement dans la classe politique et la formation de pouvoir se réalisent en fait l'un par l'autre.

La situation de détresse réelle ou ressentie suscite dans la société où elle se produit un besoin, une DEMANDE de pouvoir.

Situation de la France en 2013 : une situation de détresse

- 5.000.000 de chômeurs (déclaration de Gérard Filoche sur BFM TV)
- 1.600 milliards d’euros de dettes
- Un déficit commercial abyssal (380 milliards d’euros de déficit cumulé de 2005 à 2012)
- Une désindustrialis ation de la France qui s’accélère
- Un déficit annuel du PIB de 4 à 5 % du PIB
- Une émigration des jeunes talents
- Une immigration galopante + 200.000 entrées par an
- une insécurité croissante, des zones de non-droits qui s’étendent de plus en plus
- un ensauvagement de nos mœurs du à l’immigration massive d’individus qui ne partagent pas nos valeurs et notre culture
- une islamisation galopante de plus en plus visible et conquérante de l’espace public (mosquées, voile, halal)

De plus en plus de français ressentent maintenant le cumul de ces données économiques, sociales et culturelles comme ce que Jules Monnerot appelle une situation de détresse.

Réagissant à la carence fonctionnelle des organes précédents du pouvoir, c'est à dire :

- et du régime
- et de l'oligarchie en possession d'état

tout se passe comme si la société (les français touchés par cette situation de détresse) tente de suppléer à ces organes entravés ou défaillants à partir de ses propres éléments, de sa propre substance refaisait du pouvoir, bref en reprenant le pouvoir.

Lorsque la situation de détresse réelle ou ressentie a provoqué le dépassement d’un seuil critique, dans la voie du bouleversement social, la dissociation sociale commencée se traduit par la décentration et la mobilisation (au sens étymologique : de fixes ils deviennent mobiles) des éléments mêmes dont la fixité et le caractère central servait à caractériser la société.

La société étant ainsi décentrée, désaxée et excessivement « mobilisée », les éléments homogènes « déhomogénéisés » , les éléments centraux que les remous poussent vers la périphérie aspirent de plus en plus au retour à « l’ordre », à ce que chacun soit à sa place.

Pour l’homme ainsi décentré, la faillite de l’oligarchie en possession d’état est une expérience vécue.

Exproprié de son état, de ses perspectives d’avenir , frappé dans ses biens , dans son humble sécurité, dans ses valeurs, pour cet homme ou cette femme « homogène », le pouvoir, rapport de la protection à l’obéissance, laisse à sa place, quand il se retire, un besoin douloureux , sinon toujours directement du pouvoir, mais de l’ordre social que le pouvoir assurait et assumait.

Dans une telle situation, les représentants officiels du pouvoir qui, de plus en plus, est l’ombre de lui-même, ceux qui en arborent les marques extérieures, en viennent à susciter le sarcasme, l’aversion, au mieux le scepticisme.

Le régime politique qu’ils représentent est discrédité (l’UMPS).

L’affaire Cahuzac a été pour beaucoup le seuil critique, la goutte d’eau qui libère la parole et les frustrations jusqu’ici contenues.

Cette parole et ces frustrations jusqu’ici contenues se libèrent dans l’espace public avec la force d’un ressort qui se détend et l’ardeur des néophytes.

Cependant, les éléments homogènes engagés dans le processus douloureux de déshomogénéisat ion, et/ou de déclassement, subissent toujours l’attraction impérative, la subissent même plus que jamais : l’ordre social traditionnel était comme l’air qu’ils respiraient.

Ces éléments homogènes en voie de déshomogénéisat ion ressentent les atteintes d’une sorte d’asphyxie politique.

Tout se passe comme si l’aversion pour les politiciens et les fonctionnaires qui symbolisent un état dévalué, ne faisait que raviver la nostalgie d’un pouvoir capable de ramener l’ordre et la prospérité.

Par un effet magistral d’hétérotélie, autre concept de Jules Monnerot, la gauche au sens large au moment où après sa victoire de mai 2012 elle semblait cumuler tous les pouvoirs :

Politiques – Présidence, Sénat, Assemblée, Régions, Départements, les principales villes de France.

Médiatiques, culturels, intellectuels , centres d’influence et même pouvoir économique

Eh bien la gauche doit faire à face à la plus formidable vague de contestation venue des profondeurs de la société « civile » qu’elle n’ait jamais vue.

On peut se demander :

« Mais qu’allaient-ils faire dans cette galère » du mariage homosexuel ?

Tout un parti, représentant des millions d’électeurs, des centaines de députés, dirigeant des villes, des départements, des régions, le gouvernement d’un pays, tous les journalistes, se foutre en l’air en quelques mois parce que manipulés par des petits groupuscules favorables au mariage homosexuel ?
Et on voit le résultat! Un parti majoritaire le PS au bord de l’implosion, un pays en révolte, un parlement qui passe pour une bande de zozos et de corrompus, tous partis confondus, des millions d’électeurs désemparés, un gouvernement en miettes, des journalistes atterrés.

Un nombre grandissant d’hommes et de femmes sont prêts à la révolution parce qu’ils aspirent à l’ordre.
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0 # alain 2013-06-10 23:07 Bonsoir,
Ai fait connaissance avec enthousiasme de votre analyse sur les mutations embryonnaires potentiellement puissantes des manifestations pour tous de ces derniers mois.
Pris le temps de lire votre parcours et des arrières-plans dynamiques qui le nourissait.
Travaille à titre personnel en thérapie sur des applications quotidiennes Terre-Ciel chères à une certaine approche de la médecine chinoise.Selon moi l'approche systémique entre l'individu et la société est identique.Il est question de permettre fondamentalemen t aux organismes vivants de trouver le chemin d'une élimination en profondeur d'énergies perverses mortifères.
Il y a à travers cela des perspectives de régénération systémique unifiantes et bénéfiques.
Aimerai beaucoup vous rencontrer pour manifester comme je le pense une constructivité porteuse de retour global
à la joie omnisciente du vivant.
avec respect et reconnaissance vous transmets ma gratitude.
Alain
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