La force de la liberté (2) A quelles conditions la démocratie n'est pas une farce

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Voici un second extrait de La force de la liberté. Nouvelle philosophie du décideur. Ces passages sont extraits du Chapitre 4, intitulé ‘Caractérisation d’un peuple libre’. Il répond à la question simple et claire : « Qu’est-ce qu’un peuple libre ? ». Il donne une caractérisation d’un peuple libre (§1), puis la clarifie en faisant 7 remarques (§2). Je donne ici les remarques 6 et 7.  

 

 

                                   

 

6ème remarque. Voici à quoi on reconnaît lexistence dun organe de pouvoir effectivement démocratique :

 

Si le peuple élit des gens qui nont pouvoir sur rien, et qui en particulier nont aucun pouvoir pour orienter les flux financiers, dont dépendent linvestissement et le travail des gens, la démocratie est une farce.

 

Le régime effectivement démocratique prend en compte la volonté générale objective et les intérêts objectifs dun peuple, son droit au travail et la liberté daction de ses classes moyennes entrepreneuriales, socle de tout régime démocratique. En général, cet équilibre suppose lexistence dun Pouvoir solide au niveau national. Les démagogues qui cultivent dans le peuple le complexe anti-pouvoir [chap. 5, §4] sont objectivement au service de loligarchie.

 

Un organe de pouvoir effectivement démocratique permet, au-delà de lopinion publique irrationnelle et instantanée, la formation dune volonté sérieuse et durable de bien commun, autour de têtes solides.

 

Les représentants ne « vendent » pas (Rousseau, cf. note 2, p. 21) le peuple à loligarchie financière mondiale. Ils sont loyaux à leur nation, à leur peuple et notamment aux classes moyennes. Ils cultivent un modèle agricole et industriel respectant les exigences politiques et culturelles dune société libre.

 

Le système est apte à sélectionner des personnalités qui ont de la culture et du courage, une éthique solide, et qui ont fait autre chose dans leur vie que gérer des partis politiques postmodernes.

 

Les partis, les candidatures, les sondages, les élections et les élus ne sont pas manipulés ou financés par les oligarques, ou les agents de lempire.

 

Lorgane de pouvoir est en mesure de mener une politique de bien commun, et non pas une politique servant seulement les intérêts de loligarchie et de lempire.

 

– Répétons l’essentiel : un régime est effectivement démocratique, avant toute chose, si le régime a le pouvoir dorienter fermement le capital, de telle sorte que linvestissement et lemploi soient assurés. En un mot, sil est en mesure de faire appliquer une politique prenant effectivement en compte les intérêts des gens dans leurs nations.

 

Il est effectivement démocratique, si lidéologie, ou un juridisme purement formel, ou la propagande, ou une « science de paille » nétouffent pas la pensée classique et la volonté dune politique de bien commun. Car dans une société libre, cest au nom de la « liberté » et par labus du droit, quon peut détruire le Pouvoir et la Loi naturelle, autrement dit lÉtat de droit.

 

 

 

Le principe libertaire est destructeur du régime mixte (cf. chap.1, §2), qui est le vrai concept de la démocratie.

 

Les concepts plus absolus et libertaires de la démocratie ne servent jamais, objectivement, que loligarchie, via la destruction du Pouvoir.

 

Le principe libertaire possède trois grandes dimensions ou applications : le libertarisme du sexe (libertinage), celui de largent (oligarchie, prolétarisation) et celui du pouvoir (totalitarisme).

 

Ces trois applications sont solidaires en profondeur, étant toutes des expressions de la liberté pathologique. Toutes leurs traductions relèvent donc de létat de nature et de la société non libre.

 

 

 

Qu'est-ce qu'un parti populaire digne ?

 

En général, un parti populaire digne (appelé souvent travailliste, ou socialiste) devrait avoir pour vocation de contrer le libertarisme de largent. Mais souvent, il trahit la cause du peuple, quil livre sans défense aux politiques oligarchiques, tout en lui donnant gratis du sexe en compensation.

 

Cest pourquoi un parti populaire non postiche est familialiste ou nest pas. Des dirigeants populaires libertins sympathisent toujours avec loligarchie libertaire, même sils la détestent par ailleurs. Si loligarchie parvenait à détruire la famille, elle donnerait au peuple la mentalité propre à le replonger dans lesclavage par labjection. Cest à cela que servent les partis socialistes qui ont trahi la cause du peuple. Et en ce cas, un parti conservateur dynamique et audacieux peut assumer la défense des intérêts populaires.

 

 

 

7ème remarque. Comment loligarchie peut subsister sous une façade démocratique.

 

Il est possible de faire élire et réélire sans cesse (démocratiquement, en somme), des responsables qui mèneront tous, au nom du peuple et avec son consentement au moins apparent, une politique oligarchique, quels que soient leurs partis, leurs promesses et leurs discours. Ils la mèneront avec constance, aussi contraire cette politique puisse-telle être aux intérêts des peuples. Les conditions de cette captation de démocratie sont les suivantes :

 

1. Diffuser une culture commune de liberté pathologique, permettant de détruire les idées claires, la loi naturelle, la connaissance de lhistoire et le sens commun.

 

2. Maintenir le fonctionnement des institutions politiques jadis démocratiques tout en contrôlant le résultat de leurs processus. Ainsi peut-on imposer au nom dune légitimité démocratique la volonté oligarchique, même quand elle est absolument contraire aux intérêts du peuple.

 

3. Relâcher de temps en temps la pression et pouvoir verser quand il le faut des compensations financières.

 

4. Surtout disposer dun outil de propagande efficace.

 

Une fois la liberté définie pathologiquement (cf. chap.6, ‘Structure de la liberté’ et ch.10, ‘Une théorie de l’injustice’), on tire tout ce quon veut du principe de la souveraineté populaire, y compris son abdication entre les mains de César, ou des oligarques[1], ou de leurs représentants.

 

On ne peut exclure que la soumission à une tyrannie puisse exprimer parfois un réel désir populaire, si une culture didéologie, dineptie et dabjection a été suffisamment diffusée.

 

Lessence de la « république sans démocratie » est que la machinerie parfaitement cynique du système politique rende le peuple à la fois « cocu et content », et que toute possibilité dorganisation différente soit étouffée dans lœuf.

 

                                                  

 



[1] Jérôme Carcopino, Jules César, fin

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