L’Europe de la Défense. Un plan B pour l’Europe

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La France et l’Allemagne

 

 

Si dans deux ans il ne restait rien de l’Europe à laquelle nous avons été habitués, quelle vision politique nous resterait-il pour l’avenir ? Car malgré nos désaccords, l’Europe est pour tous une nécessité de l’avenir. Si l’Europe économique s’éclipse, il nous faut un plan B.

 

Plusieurs grands pays européens peinent à rentrer dans le cadre de Maastricht. Comment pourrait-on les y forcer ? Lourdes incertitudes sur l’avenir de l’Euro. Les uns voudront une forme d’inflation ; les Allemands s’y opposeront. Le couple franco-allemand va faire chambre à part en matière financière. Le populisme antiallemand peut devenir la bouée de sauvetage de politiciens à la dérive.

 

Soyons justes. Personne ne nous a forcés à signer le Traité de Maastricht, puis à ne rien faire pendant 20 ans pour nous préparer à tenir la mer. L’Allemagne l’a fait, pas nous : elle réussit mieux. Bien sûr, le traité de Maastricht, c’était l’adoption par tous du modèle allemand. L’Allemagne en a tiré des avantages (et nous, des facilités). Si nous ne voulions pas de ce modèle, pourquoi donc avons-nous signé ce traité ?

 

Nos systèmes étant solidaires, les problèmes des uns deviennent ceux des autres. La pression anti-libre-échange va sans doute s’accroître. Chacun voudra l’Euro pour soi, avec d’inévitables disputes. 

 

L’Europe, c’était d’abord la réconciliation franco-allemande et la solidarité économique des deux pays. Mais une vision de plus en plus économiste faisait l’impasse sur le politico-militaire. Une image consensuelle et pacifiste de la vie internationale. Ce rêve semblait crédible, parce que les Américains nous permettaient de dormir et qu’il n’y avait personne pour nous réveiller en sursaut. Qu’en reste-t-il, dans notre surendettement et avec la guerre à nos portes ? Et dans deux ans ?

 

 

L’Europe et les Etats-Unis

 

 

A moins de renoncer à l’idée européenne, il nous faut sans délai une vision alternative pour l’Europe. Mais qu’est-ce qu’une Europe qui n’est pas d’abord gestion de l’économie et de la monnaie ? Une Europe politique et militaire.

 

Au service de la paix ? Certes oui. Mais une politique de paix, ce ne sont pas d’abord des leçons de morale, ni une simple action humanitaire. C’est la maîtrise de la violence grâce à l’imposition d’un droit par la force. La politique, c’est la force au service d’un droit. La vision alternative pour l’Europe, c’est d’être un pouvoir mondial au service du droit et de la paix. L’Europe de la défense, c’est le ticket d’entrée pour cette politique.

 

Si les Allemands ne rejoignent pas cette vision alternative, l’Europe est probablement finie pour un temps. Pas d’illusion : il est peu probable qu’ils la rejoignent. Ils tenteront plutôt de préserver une Europe réduite, où subsistera leur vision.  

 

D’ailleurs, en tout cas en France, on ne voit pas qui serait en mesure de porter ce projet.

 

On ne voit pas non plus comment y croire. L’Europe ne peut pas se défendre, parce qu’elle n’est pas une Nation et que ses peuples n’en ressentent pas le besoin, faute de croire aux menaces. Et les USA s’en chargent. Mais tout cela va sans doute changer.

 

 

Les révolutions à nos portes

 

 

Supposons que l’Histoire se répète tant soit peu. Alors, dans les pays arabes, après la période sympathique de révolution libérale, les revendications sociales vont se tendre, la lutte des classes éclater. L’instabilité peut finir par l’établissement de régimes autoritaires : non le retour des dictatures traditionnelles, car l’islam est érodé par la vulgate postmoderne immanente aux technologies de l’information. Mais des dictatures démocratiques, soumises à l’opinion, comme celle de Napoléon III, ou de Mussolini. Prêtes à se lancer dans des aventures extérieures extravagantes, pour calmer l’opinion, qu’elles ne peuvent piloter. Et est-ce que nos démocraties elles-mêmes, affolées par leur vie dans l'imaginaire médiatique, ne sont pas en train de devenir aussi extravagantes ?

 

Ne parlons pas des déséquilibres croissants au-delà du monde arabe. L’OTAN, instrument utile à l’exécution des décisions de l’ONU, suppose que celle-ci fonctionne. Elle ne le peut que si aucun des Grands n’en bloque le fonctionnement.

 

Les Etats-Unis, de plus en plus, ne s’intéresseront à l’Europe que si celle-ci est un véritable pouvoir. Ils ne voudront plus assurer seuls la sécurité de l’Europe. L’Europe de la Défense doit devenir un véritable pilier indépendant lié à l’Amérique à égalité, ou l’OTAN ne fournira plus de garantie crédible.  

 

 

Rentrer dans l’Histoire

 

 

Si l’Europe, ou au moins un groupe de plusieurs pays en Europe, décidait d’être un pouvoir et de se défendre, se mettrait en marche une logique qui ferait de nous une véritable union, ayant forme d’alliance, dépassant la contradiction entre souverainistes et fédéralistes. La défense commune n’est pas un problème plus insoluble, mais le contenu principal de la politique commune et la règle de construction d’une plus profonde union.

 

Si l’Europe veut se défendre, il lui faut des leaders d’une autre classe. Finis la « com » et le politiquement correct. L’avenir requiert de placer la politique à son juste niveau. Celui d’une démocratie durable.

Henri Hude


 

 

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