Lettre d'Amérique n° 27. La Chine et les USA. Stratégie. Tensions montantes en Asie

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Paris, 20 Décembre 2010. Avant de quitter les Etats-Unis, j'avais résumé  mes lectures de la presse américaine au sujet des relations entre la Chine et les USA.  Vous aimez sans doute, comme moi, regarder les choses avec un peu de recul. Ce seront les dernières Lettres d'Amérique sur ce blog. 

 

Plusieurs personnes, dont un ancien CEMA, m'ont interrogé en juillet dernier sur une thèse de mon dernier livre, Démocratie durable. Penser la guerre pour faire l'Europe (voyez l'encart à droite de cet article) : "La donnée principale des relations internationales est la rivalité pour le leadership mondial entre les USA et la Chine." Ce qui suit est une façon de faire réponse à ces personnes, par l'intermédiaire de la presse américaine. Je pourrais aussi les renvoyer à un des textes les plus intéressants que j'ai pu lire aux USA cet automne (que je traduirai et dont je parlerai ici) : "The Gathering Storm: China's Challenge to U.S. Power in Asia", ("L'orage qui monte: le défi chinois au pouvoir US en Asie") par le Pr. John Mearscheimer, aux Fourth Annual Michael Hintze Lectures in International Security, à l'Université de Sidney, le 4 Août 2010.   

 

Aujourd’hui même (10 Décembre 2010), le chef du Pentagone, Robert Gates, se trouve en Chine, « sur fond de crise en Corée », comme le dit le sous-titre du New York Times (10 Décembre 2010, 1A). Le titre est plus ambigu : « Le développement des relations militaires américano-chinoises ». Pour essayer de bien envisager le tout de la question, je vais commencer par faire mentalement, dans cette lettre, le tour de la Chine : du Nord-Ouest au Nord-Est en passant par le Sud, du Kirghizstan à la Corée en passant par l’Inde et le Vietnam. Je rapporterai à chaque étape de ce parcours les coupures de presse qui s’y rattachent.Vous verrez vous-mêmes quelles conclusions en tirer.

 

Tensions entre le nationalisme ouïgour et la Chine au Kirghizstan

 

Commençons par le Kirghizstan, cette ancienne république soviétique au contact de la Chine, sur sa frontière du Nord-Ouest. 

 

USA Today, dans un des premiers numéros que j’en aie lus, peu après mon arrivée aux USA, en septembre 2010 (référence précise perdue), racontait les agressions et sévices subis par les commerces chinois en Kirghizstan. Les Américains, en général, ne badinent pas avec la liberté du commerce. C’est pourquoi, je fus étonné du ton indifférent, ironique, sur lequel étaient relatés ces faits. Tout se passe comme si les Américains acceptaient avec les Russes un partage d’influence en Kirghizstan pour en exclure la Chine, sans s’émouvoir des violences dont peuvent y faire l’objet les ressortissants et les intérêts chinois. Le journal US fait également état de l’agitation de la minorité ouïgoure en Chine. Un lecteur nationaliste chinois ne manquera pas de croire que les Américains sont derrière le nationalisme ouïgour. 

 

Emprise croissante sur le Tibet. Posture menaçante envers l’Inde

 

Un article du Washington Times, en date du 24 septembre, page B 4, liste les faits suivants :

Les dépenses militaires de la Chine augmentent 2 fois plus vite que son GDP.

La Chine déclare que la Mer du Chine du Sud fait désormais partie de son intérêt national central. Elle revendique la Mer Jaune comme sa propriété exclusive, pour ce qui est des manœuvres navales. Trois grandes manœuvres au large de Ryu Kyu, dans la Mer de Chine méridionale et dans la Mer Jaune.

 

Les USA soutiennent le Dalaï Lama. En retour, la Chine met en cause la souveraineté de l’Inde sur Arunachal Pradesh, un Etat indien du Nord Est territoire que la Chine appelle, significativement, « Tibet méridional ». Sans doute agit-elle ainsi pour avoir un moyen de pression sur l’Inde et une monnaie d’échange pour la désintéresser, au cas où la tension internationale monterait sur la question tibétaine. Il y aurait, selon le même WT, un nombre croissant d’incursions militaires chinoises à travers la frontière indienne. La Chine procèderait à de grandes manœuvres parachutistes au Tibet. Elle ouvre une voie ferrée stratégique à travers le Tibet et jusqu’à ses bases aériennes stratégiques postées le long de la frontière himalayenne.

 

En attendant, les USA isolent la Chine et arment l’Inde. Ils ont depuis G. Bush des accords nucléaires avec elle. Ils se servent de l’Inde comme d’un contrepoids contre la Chine. Ils favorisent le développement de l’Inde et travaillent à l’abaissement comparatif de la Chine. Cf. Brahma Chellaney, Asia Juggernaut : The Rise of China, India and Japan, Harper Colins, 2010.

 

Les médias ont été plutôt bienveillants envers l’Inde lors du voyage du Président Obama, dans ce pays, en novembre 2010, juste après sa déroute électorale. Les medias notent avec soin l’ascension sociale des citoyens américains d’origine indienne, tels que Nikki Halley, récemment élue gouverneur de Caroline du Sud, ou Bobby Jindall, gouverneur de Louisiane, celui qu’on appelle parfois l’Obama républicain. Je n’ai rien vu de tel avec les Sino-américains. Ces mêmes médias se plaisent à souligner que l’Inde a une plus forte croissance que la Chine. Ils soulignent la corruption de la Chine, qui compromet sa croissance et qui expliquera son déclin (New York Times, 7 October 2010, A1 et A12 « Rampant fraud threatens China’s brisk Ascent »). Il est vrai qu’ils parlaient aussi, récemment, de la corruption de la presse indienne.

 

La guerre idéologique et médiatique

  

Pratiquement tous les articles de presse donnent une image négative et humiliante, ridicule parfois, de la Chine. Les médias ne manquent pas une occasion de parler du désastre écologique, de la violation des droits de l’homme, du despotisme politique. Je me souviens d’un article assez récent, dans un grand journal libéral, soutenant que la situation générale affecterait même désormais la santé mentale de nombreux Chinois.

 

Le Prix Nobel de la Paix a été donné à Liu Xiaobo, une des plus célèbres opposantes chinoises, qui est présentée ainsi par la presse américaine : « critique littéraire, 54 ans, purge une peine de 11 ans de prison pour avoir aidé à rédiger un document dans lequel il était affirmé que la liberté, l’égalité et les droits humains étaient des valeurs universelles. » USA Today, 25 octobre 2010, 8 A. Selon le même journal les Chinois parlent d’une provocation envers la Chine et de guerre idéologique dirigée contre elle (ibidem). Le 10 décembre, en page 6A, le même journal expose comment les Chinois ont fait pression sur un grand nombre de chancelleries pour que leurs nations ne soient pas représentées à la réception du Nobel. Ils tentent de dresser le Prix Confucius contre le Prix Nobel et font le blackout dans toute la Chine sur la distinction reçue par Liu. Le Monde en France a justement titré (10 décembre 2010), sur "La riposte impériale de la Chine".  

 

Tension entre le Vietnam et la Chine

 

Les Chinois détiennent neuf pêcheurs vietnamiens depuis le 11 septembre 2010, capturés près des îles Paracel. Des incidents s’étaient déjà produits à cet endroit en octobre 2009. Il y a d’importantes réserves de pétrole autour des îles Paracel. Plusieurs pays revendiquent ces îles ou une partie de celles-ci : la Chine et le Vietnam, mais aussi Taïwan, la Malaisie, Brunei et les Philippines. La souveraineté sur ces îles pourrait limiter la liberté de circulation en mer de Chine. Il se trouve que les marines militaires vietnamiennes et US ont eu leurs premiers entretiens en août 2010.

 

Tension entre le Japon et la Chine. Apparition de l’impensable

 

Le scénario est inverse dans le cas des tensions, presque simultanées, entre le Japon et la Chine. L’objet de la dispute est la souveraineté sur des îles situées dans la partie orientale de la mer de Chine. Ces îles sont entourées de gisements gaziers, que chacun voudrait exploiter. Surtout, elles se situent à mi-chemin entre Okinawa et Taïwan. Si Pékin les possédait, la défense de Taïwan et du Japon serait rendue plus ardue. Des manifestations ont eu lieu de part et d’autre.

 

Le 25 septembre (Washington Post, A 7), le Japon relâchait le capitaine du chalutier chinois qui avait heurté deux gardes côtes japonais au large des îles disputées. La Chine demande excuses et indemnité. Elle a arrêté 4 Japonais dans la province de Hebei, sous prétexte d’espionnage. Les Japonais restaient détenus.

 

USA Today, 27 Septembre 2010, 8 A, le Premier Ministre Japonais, Naoto Kan, refuse les excuses et indemnités exigées par la Chine, et le Japon demande que la Chine paye le prix des réparations du bateau japonais endommagé par le vaisseau pêcheur chinois. Le Japon a gardé en prison le capitaine pendant 17 jours. Beijing a pris en rétorsion pendant ce temps des mesures d’embargo sur des produits rares susceptibles de bloquer certaines productions japonaises majeures.

 

Le journal se demande si le Japon a fait preuve de faiblesse face aux pressions de la Chine. L’administration Obama pense que la relative modération japonaise dans cette circonstance n’a rien eu que de digne et de raisonnable. En 2001, il y avait eu un incident d’avion-espion entre la Chine et les USA, avec un pilote chinois tué. L’affaire avait été résolue par une désescalade sans volonté de faire perdre la face à personne. Néanmoins, un profond ressentiment subsiste entre les deux pays (Wall Street Journal, 18 octobre 2010, A1 et 13).

 

Un général japonais que j’ai rencontré fin octobre à l’Université Case Reserve de Cleveland, Ohio, et qui se faisait du souci pour la paix en Asie, à cause du nouvel belliqueux de la jeunesse japonaise, m’a déclaré que les pécheurs chinois étaient des espions. Ce sont de vrais pêcheurs, mais toute l’activité économique chinoise est supervisée par le Parti communiste et se trouve mobilisée, autant que de besoin, au service de l’Etat. Ce général japonais, responsable d’un centre de recherches stratégiques nippon, ajoutait que 70% des Japonais déclaraient « haïr » (to hate ») la Chine.

 

Ce matin même, dans USA Today, 10 décembre 2010, 6A, ce sont désormais 87% des Japonais qui répondent que « La Chine ne mérite pas confiance », dans un sondage réalisé au bénéfice du Yomiuri Shimbun. Mais l’information la plus importante est donnée dans la première phrase de l’article sur le Japon, où « ont lieu des discussions au sujet de ce qui fut jadis l’impensable : le développement d’un arsenal nucléaire ».

 

Encore et toujours Taïwan

 

Taïwan est depuis 1949 la pomme de discorde entre les USA et ce qui reste le monde communiste chinois. Sauf inattention de ma part, la presse américaine en parlé assez peu ces derniers mois. Mais dans les conversations non confidentielles auxquelles j’ai pu prendre part, il était clair, pour la plupart de mes interlocuteurs informés, que le problème de la défense de Taïwan devenait techniquement épineux et financièrement ruineux.

 

La Chine construit une force armée high-tech (Washington Times, 22 septembre 2010, voir Lettre d’Amérique n° 19 (2), sans parler du développement de capacités considérables de cyber-guerre (ibidem). Le but de la Chine paraît être de rendre insoutenable la présence de l’US Navy dans le Pacifique Ouest et de développer les nanotechnologies militaires de telle sorte que le porte-avions ne soit plus qu’un impressionnant dinosaure technologique. Inversement, les Etats-Unis travailleraient à un bombardier de très profonde pénétration et capable de délivrer sa charge dans un environnement saturé de défenses antiaériennes sophistiquées.

 

Si le Japon décidait son réarmement nucléaire, Taïwan pourrait accéder aussi à la dissuasion, avec l’accord des USA, sans dire qu’il y a accédé, comme a fait l’Etat d’Israël. Ce serait, de l’avis de certains, le meilleur moyen, et le seul financièrement non ruineux, de préserver l’indépendance de l’île, mais au prix d'une prolifération nucléaire.

 

La crise coréenne

 

Les chocs récents des deux Corées ne sont que l’aspect le plus visible d’un jeu fort complexe, dont on peut dessiner des fragments de l’idée que s’en font les Américains : d’abord, il existe une solidarité sino-nord-coréenne. Celle-ci se manifeste leur commune lutte contre la reconnaissance des droits de l’homme, en particulier dans les traitements cruels infligés aux Nord-Coréens fugitifs en Chine.

 

Washington Post, 16 Octobre 2010, A 6. Les dirigeants chinois (370 membres du Comité central) se réunissent à huis clos. Wen (le Président chinois) a dit à Time que « le désir et le besoin de démocratie dans le peuple était irrésistible » et ces propos ont été reproduits dans quelques journaux chinois. Mais pour l’essentiel, la répression des démocrates et des défenseurs des droits de l’homme est toujours la même en Chine.

 

De même, dans le Washington Times, 24 Septembre 2010. La politique de rapatriation forcée des immigrés clandestins nord-coréens rend la Chine solidaire des violations des droits de l’homme en Corée du Nord. (« Repatriation policy links China to right violations »). Les législateurs américains estiment que Pékin mérite de partager à cet égard le blâme avec la Corée du Nord. En effet, la Corée commet des atrocités contre ceux de ses ressortissants qui sont coupables de tenter de s’enfuir en Chine. Or 90% sont repris et renvoyés en Corée par les Chinois. La Chine paye en effet des primes de 1400$ pour la dénonciation d’un Coréen. Les Députés demandent ainsi que la Chine soit inscrite sur la liste noire (Tier 3 countries), ce qui permettrait de prendre des sanctions économiques contre elle. Les cyniques soutiennent que c’est pour les US une façon de masquer un élan de protectionnisme sous un voile de nobles sentiments. Un représentant républicain de la Virginie, Franck Wolf, proteste : « Ce que la Chine est en train de faire est brutal. … Cette administration (= administration Obama) a perdu sa voix. » 

 

Pour les USA, qui garantissent la sécurité du Japon et de la Corée du sud, sans parler de Taïwan, la question des moyens se pose, à partir du moment où un Etat nucléaire majeur autorise l’accession d’un de ses alliés ou sujets au statut de puissance nucléaire. 

 

Peut-être est-ce pour ménager un jour la possibilité d’armer ainsi leurs alliés que les USA ont, après tout, choisi de tolérer l’accession de la Corée du Nord, alliée de la Chine, à la puissance nucléaire. Et si la Chine a interdit aux USA de bombarder la Corée dans les années 90, si elle l’a fait, ce fut peut-être parce qu’elle envisageait les avantages qu’elle pourrait tirer d’une telle alliée.

 

Le cauchemar stratégique, pour les Etats-Unis, c’est celui d’un Etat nucléaire massif, tel que la Chine, devenu pratiquement invulnérable, assisté de satellites ou plus petits alliés eux-mêmes nucléaires, soutenant ou manipulant eux-mêmes des mouvances terroristes, elles-mêmes équipées d’armes de destruction massive et capables d’exercer des chantages majeurs sur des leaderships politiques démocratiques, eux-mêmes handicapés par le fonctionnement irrationnel du système médiatique. Telle est très exactement la situation à laquelle les démocraties doivent être en mesure de faire face un jour.  

 

Le Washington Times d’avant-hier (8 décembre 2010, page B1, 2ème colonne) affirmait que la Corée du Nord avait procuré à l’Iran des fusées haute technologie de conception russe. Cela pose des questions sur le rôle exact de la Russie dans le grand jeu.

 

Et ailleurs : Soudan, Iran

 

D’après le Washington Post, 16 octobre 2010, A 7, les Chinois arment le Soudan islamiste, qui se sert de ces armes contre les rebelles du Darfour, soutenus par l’Ouest, et ce en violation des accords passés à l’ONU prévoyant l’embargo sur les ventes d’armes dans la région. Cela est censé paraître dans un rapport de l’ONU que les Chinois tentent de bloquer (« China fights UN report on Darfur ». 

 

Deux jours plus tard, 18 octobre 2010, dans le même Washington Post, A1 et A 14, une nouvelle sans doute plus grave, touchant directement aux intérêts de sécurité des USA et d’Israël : la Chine ne respecte pas les résolutions prises par l’ONU contre l’Iran et les US la pressent de tenir ses engagements (« Chinese firms ignore sanctions on Iran, US says. Beijing asked to intervene. »).

 

La posture agressive de la Chine et l’influence américaine

 

Les USA semblent soucieux, mais optimistes, si l’on en croit titre et le contenu d’un article du Washington Times, en date du 24 septembre, page B, 4. “China undercuts its own goals. Aggressive posture drives smaller powers towards the US.”

 

Les actions brutales de la Chine, estime le Washington Times, sont une aubaine pour les USA, dont la capacité de projection restera sans égale dans les 25 prochaines années (si l’économie ne s’effondre pas). Mais, ajoute le WT, qui n’aime guère Obama, la position des US tient à un mot : « crédibilité ». Le scénario le plus vraisemblable en Asie est une combinaison de leadership américain en dehors de la Chine, et d’émergence d’une multipolarité organisée par l’Amérique.

 

Pour cet article, la Chine veut à la fois un monde multipolaire et une Asie monocentrique, dont la Chine soit le centre unique. A cause de cela, la Chine est un pouvoir qui fait peur à ses voisins. La Chine, par sa politique de puissance, renforce sans le vouloir l’influence des Etats-Unis. Car que représente la Chine, sur le plan des idées ? Ou sur le plan des valeurs ? Elle n’est qu’une force. Comment sa brutale realpolitik pourrait-elle lui faire des amis ? Les USA se posent, face à l’impérialisme chinois, en champion des libertés asiatiques.

 

Pour la presse US moyenne, et pas seulement pour les organes plus conservateurs, comme le Washington Times, « la diplomatie douce de Pékin, déclarant sans cesse qu’une Chine croissante n’est pas une Chine menaçante, est d’un coup partie en fumée. » (USA Today, 28 Septembre 2010) Il est admis que le peuple chinois a un sentiment croissant de puissance. Tout en désirant la démocratie et les droits de l’homme, il demande aussi une politique de force. La dictature du Parti communiste se renforce en cédant démagogiquement à cette ivresse, qu’elle encourage sans doute en sous-main.

 

Conclusion ?

     

Le fait dominant de l’ordre mondial, et le principal danger pour la paix, en l’absence d’une Europe puissante, demeurera pour longtemps la rivalité pour l’hégémonie entre les USA et la Chine. Il faut « penser la guerre pour faire l’Europe »

 

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