Démocratie durable. Penser la guerre pour faire l'Europe

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Dans les semaines à venir, ce blog va proposer des textes tirés du livre sur lequel je travaille : Démocratie durable. Penser la guerre pour faire l’Europe.

 

Dans le texte qui suit, j’explique le titre, en définissant trois notions :

1° « Démocratie »,

« Démocratie non-durable »,

« Démocratie durable ».

 

Dans l’article prochain, posté dans deux jours, j’expliquerai le sous-titre. Jusqu’à la parution, je posterai un extrait tous les deux jours.

 

Ce que j’entends par « Démocratie »

 

« Quand nous parlons de démocratie, nous entendons deux choses.

 

« Premièrement, selon la tradition aristotélicienne, nous entendons un régime mixte, c'est-à-dire, un mélange raisonnable d’oligarchie et de démocratie (ARISTOTE, Politique, Livre IV, ch.9), laissant aux élites initiative et liberté, assurant aux classes populaires protection et sécurité, participation et promotion des meilleurs.

 

« Un tel mélange constitue un régime équitable, qui est solide, s’il est en outre dirigé par un organe exécutif juste et efficace, un Etat, culminant dans une tête dotée des prérogatives nécessaires.

 

« Ce régime mixte, qui peut prendre un grand nombre de formes concrètes, est le seul durable, pour des raisons que la tradition a bien identifiées (op.cit., Livre V, ch.1-8) : les autres régimes font trop violence, respectivement, ou à l’égalité (oligarchie pure), ou à la liberté (démocratie pure), ou à l’autorité (excès de collégialité, défaut d’unité exécutive, ou au contraire tendance au despotisme).

 

« Instables, les régimes purs (non mixtes, et souvent idéologiques) tombent à cause des divisions intérieures ou des aventures extérieures.

 

Ce que j’entends par « Démocratie non durable »

 

« Trois facteurs rendent aujourd’hui nos démocraties non viables à terme :

 

« 1° l’irrationalité du fonctionnement médiatique (Essai X) ;

 

« 2° le pouvoir exorbitant de l’idéologie individualiste (privatiste) et du politiquement correct (PC) – (Essais I et VII) ;

 

« 3° leur conséquence commune : la dégradation de la crédibilité du politique et son impuissance relative à agir avec un degré suffisant de rationalité, d’énergie et de continuité. Cette dégradation du Pouvoir peut varier beaucoup d’un pays à l’autre, selon les situations et traditions particulières, selon le degré d’emprise du PC et selon le degré d’exubérance irrationnelle des médias.

 

Ce que j’entends par « Démocratie durable »

 

« Depuis quinze ou vingt ans, l’expression de démocratie durable (ou, en anglais, de sustainable democracy), se trouve dans le domaine public.

 

« Pour les uns, il s’agit de resituer la démocratie dans la logique d’un développement économique durable, de réformer les habitudes consuméristes, pour les adapter à de nouvelles exigences écologiques. La démocratie durable implique alors ce que Bergson appelait déjà, un « retour possible à la vie simple », après un temps de « frénésie » matérialiste.

 

« Pour d’autres, il s’agit de préserver la démocratie, au sens de pouvoir du grand nombre, malgré une évolution générale du monde et de son économie allant dans le sens de l’oligarchie, du pouvoir du petit nombre.

 

« Dans notre concept de démocratie durable, nous incluons autre chose que les usages récents du mot, même s’ils ont leur pertinence, et nous incluons plus que ce qu’a compris la tradition sous les idées, voisines entre elles, de régime mixte, de démocratie ou de république constitutionnelle.

 

« Nous appelons donc démocratie durable celle qui sait :

 

« 1° rendre la culture non idéologique – au minimum, placer l’esprit des décideurs dans un état de doute méthodique et de suspicion légitime par rapport au PC et à l’idéologie (Essais I et

VII) ;

 

« 2° réguler le pouvoir médiatique, dans le respect d’une déontologie appropriée, et de lois qui, sans détruire sa liberté, doivent en empêcher les irresponsabilités et les abus (Essai X) ;

 

« 3° rationaliser son fonctionnement politique, en fixant nettement son horizon (Essai II), et en restaurant la confiance et l’autorité des Etats et des dirigeants. »

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