Les Français plébiscitent la liberté d’enseignement

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. PDFImprimerEnvoyer

Ne pas toujours dire du mal des sondages

 

La Fondation pour l’Ecole a organisé un colloque au Sénat mercredi 2 Juin 2010. Il y était question de l’avenir du système éducatif français : quelles innovations apporter pour améliorer son état, que tout le monde s’accorde, avec raison, à juger insatisfaisant ?

 

Ce colloque partait d’un sondage effectué par l’IFOP. Vous en trouverez tous les détails, si vous le désirez, soit sur le site de l’IFOP (Institut français d’opinion publique), soit sur celui de la Fondation pour l’Ecole, soit encore sur le site de l’Association de Défense des Idées des Directeurs.

 

Le sondage de l’IFOP montre que les Français plébiscitent (de 75% à 85% selon les diverses questions) un projet de rénovation de l’Ecole (primaire et secondaire) bâti sur trois idées simples :

1.   la liberté scolaire

2.   le financement des écoles par le chèque scolaire, ou toute autre formule équivalente 

3.   l’autonomie des établissements et le renforcement des pouvoirs des chefs d’établissements (aussi bien en matière de discipline, et de pédagogie, que de recrutement des équipes enseignantes et éducatives)

 

Rappel d’un projet clé pour toute démocratie durable

 

Ce projet, dans son principe, n’est pas nouveau. Ce qui par contre est nouveau, c’est qu’il est désormais appelé de leurs vœux par toutes les classes sociales et toutes les opinions politiques. Surtout par les classes populaires, dont les enfants sont sévèrement discriminés par un système dont la bureaucratie et l’égalitarisme idéologique ont pour résultat concret un accroissement criant des inégalités scolaires. Le « phénomène » ne peut plus cacher le « réel » (comme dirait Kant, philosophe de la télévision). 

 

Un système de liberté éducative est possible, puisqu’il est réel dans certains pays. La Suède a mis en œuvre depuis dix ans un projet de ce genre : liberté scolaire, financement par chèque scolaire et autonomie des établissements, le tout avec un incontestable succès.

 

Un tel système est équitable, puisque le même « pouvoir d’achat » scolaire suffisant est donné aux parents de chaque enfant.

 

Il n’est pas partisan : il n’est pas libéral de manière idéologique. Il ne constitue pas nécessairement une privatisation de l’enseignement, puisqu’il pourrait être appliqué aussi à l’enseignement public – même si ce n’est pas le cas en Suède.

 

Il est efficace, car il permet aux usagers de mettre fin aux abus en les sanctionnant financièrement. Les établissements qui se permettraient de faire n’importe quoi n’auraient qu’à fermer. Il permet d’introduire à l’intérieur du service public un degré de souplesse qui sinon lui fait défaut. Il permet de combiner une régulation publique sur l’ensemble avec un large exercice de la liberté éducative. Il permet de faire exister divers styles d’écoles, dont chacun peut être en soi très valable, mais ne convient pas forcément à tous les élèves.

 

 Il est démocratique, à condition qu’il y ait dans la Démo-cratie un peu de place pour un Démos, c'est-à-dire pour un Peuple, un Peuple réel composé d’individus réels ayant des enfants et soucieux de les préparer à affronter la vie.

 

La démocratie, c’est le pouvoir du peuple réel et pas d’un Concept imaginaire et médiatique. Ici le peuple réel, ce sont les parents d’élèves. Ayant le pouvoir de « voter avec leurs pieds », ils disposeraient du pouvoir de contrôler la qualité du service éducatif rendu.

 

Service public ou privilège ? 

 

Quand un service public se rend totalement indépendant dans la pratique des pouvoirs constitutionnels, et dispose des appuis médiatiques qui masquent la volonté du peuple réel, ledit service public a été en fait privatisé. Il devient la propriété de ses agents. Le service public est en réalité une coopérative ouvrière de production.

 

Si ladite coopérative tend à exclure du marché tout concurrent possible, elle tend à devenir en outre un monopole fermé.

 

Il faut enfin se demander quelle est la gouvernance et la répartition des bénéfices au sein de cette coopérative ouvrière de production tendant à s’arroger un monopole fermé. C’est ce que font bon nombre de chefs d’établissements. Certains estiment que ce n’est pas au bénéfice des enseignants et des élèves que l’éducation est privatisée de fait en France, sous couleur de service public.

 

Pour des médias qui rendent compte des faits et de l’opinion réelle

 

Quand une entreprise a de grandes difficultés, les propriétaires changent les dirigeants. Le problème aujourd’hui, c’est que les élèves et leurs parents ne savent pas qu’ils sont les propriétaires de cette entreprise publique qu’est l’éducation. A l’âge des grands médias classiques, une telle prise de conscience était difficile. A l’âge de l’Internet, elle devient possible et deviendra de plus en plus inévitable. La réforme n’est pas impossible. Elle est, au contraire, de plus en plus probable.

 

Il faut donc féliciter la présidente de la Fondation pour l’Ecole, Anne Coffinier. Normalienne, mathématicienne, énarque, diplomate, mère de famille, elle a mis sur pied cette Fondation. Nous entendrons sûrement encore parler d’elle, dans l’avenir.

 

 

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Nouveauté !

Evénements

Aucun événement