Abraham Lincoln et l’avenir de l’Europe

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. PDFImprimerEnvoyer

Pourquoi parler d’Abraham Lincoln ?

 

Parce qu’il n’est rien de plus actuel, pour l’avenir de l’Europe.

 

Le Président Lincoln présida aux destinées des Etats-Unis, lors de la plus grave crise de leur histoire, la Guerre de Sécession (1861-1865). La question était 1° de savoir si les Etats-Unis, divisés sur la question de l’esclavage, et plusieurs autres, se dissoudraient ou resteraient une Union. Plus en profondeur, cette crise de décomposition posait 2° la question de savoir, si le régime démocratique était durable.

 

Les deux questions posées par la nouvelle Grande Crise

 

L’Europe est aujourd’hui placée, par la nouvelle Grande Crise, face à deux questions analogues. 1° L’Union européenne peut-elle demeurer une Union ? Et plus en profondeur, 2°, la Démocratie est-elle durable ? 

 

Ne peut sûrement pas durer la démocratie telle que nous la connaissons aujourd’hui : avec son idéologie politiquement correcte, l’exubérance irrationnelle de ses médias, son pouvoir politique diminué dans sa crédibilité et dans son autorité morale. C’est une démocratie à moitié libre, mais aussi à moitié esclave.

 

Le mérite de Lincoln fut de dire et de décider que l’Union devait demeurer, mais qu’elle ne pouvait pas demeurer telle qu’elle était, « à moitié esclave et à moitié libre », et que de sa capacité à se réunir sur de nouvelles bases dépendrait l’avenir de la liberté dans le monde. C’est aujourd’hui la même chose pour l’Europe.

 

Elle arrive au bout de l’impasse dans laquelle l’ont depuis longtemps engagée des décideurs sans vision et sans courage, tant pour lui dire la vérité, que pour agir avec décision.

 

Des dirigeants économiques se retrouveraient en prison, s’ils mentaient à leurs actionnaires et créanciers autant qu’en Europe, les dirigeants politiques de premier rang mentent aux citoyens, aux contribuables, aux créanciers et à ceux à qui l’ont dit que les droits et les protections qu’ont leur a donné dureront toujours.

 

La politique, et sa communication, qui devraient être les plus sérieuses des activités, sont les plus dérégulées et les moins éthiques, celles où l’on tolère le plus l’amateurisme, le mensonge éhonté, l’irresponsabilité.

 

Désormais, la fuite en avant n’est plus possible, car la menace de la faillite est là, béante, à deux ans, à deux pas. C’est l’ignorance des ordres de grandeur financiers - ignorance massive chez les citoyens – qui donne aux dirigeants l’impression qu’il y a encore un sol sous leurs pieds.  

 

Tous les chiffres pourtant sont, en France, sur le site de l’INSEE, mais c’est au citoyen de s’y retrouver, comme il peut. Jamais aucun dirigeant de premier plan, depuis des décennies (en fait, depuis Giscard), ne vient expliquer au Peuple les comptes de la Nation, les comparer à ceux des autres, faisant concevoir les masses, les proportions, les ordres de grandeur, les équilibres, comme à n’importe quelle assemblée générale d’actionnaires.

 

Ce qu’on ose appeler le débat politique se focalise sur des enjeux soi-disant symboliques, en réalité insignifiants, et on laisse passer sans information ni débat des énormités monstrueuses, conduisant à des impossibilités manifestes, parfaitement prévisibles. 

 

L’Europe a donc le choix : éclater et voir chacune de ses nations stagner à part, dans l’impuissance, ou se renouveler, pour renaître dans une unité supérieure.

 

L’avenir de la liberté dans le monde

 

L’Europe arrive au bout de l’impasse à un moment où les USA ne sont plus en mesure de porter seuls le poids du leadership du monde et d’y assurer seuls la prédominance des principes de liberté. L’Europe doit donc s’unir d’une nouvelle manière (c'est-à-dire non plus d’abord à partir de l’économie, mais d’abord à partir de la culture, du politique et du militaire). Elle doit aussi porter sa part du fardeau de la liberté, ou renoncer bientôt à la voir régner dans le monde.

 

L’Europe ne peut plus rester désunie et sans Pouvoir. Sa Démocratie ne peut plus demeurer à moitié esclave. Ses principes, sa politique et son organisation étant absolument inadaptées aux nécessités de sa simple survie, l’Europe a besoin d’une nouvelle culture de Pouvoir, et d’« une nouvelle naissance dans la Liberté ».  

 

L’Europe a besoin de renouveler ses dirigeants politiques

 

L’Europe a besoin de nouveaux leaders, qui 1° rompent avec la servilité du « politiquement correct », 2° imposent une régulation rationnelle aux médias, et 3° replacent la politique à son juste niveau, lui rendant ainsi une autorité, sans laquelle le Pouvoir n’existe plus et la confiance pas davantage.

 

« On ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres. » Les dirigeants en faillite doivent évidemment s’en aller. Il faut cesser de confondre les élections nationales avec le tiercé, la téléréalité ou le festival de Cannes. En Europe doit se lever, plus qu’un nouveau mouvement politique, une génération de décideurs d’une autre classe, de citoyens expérimentés, se sentant tous responsables de l’intérêt commun, rompant avec des jeux insignifiants, refusant le cinéma, le verbiage idéologique et la com, et investis pour cela de la confiance des peuples.

 

Que ce groupe de nouveaux dirigeants trouve ses leaders et l’Europe aura trouvé ses nouveaux Fondateurs. Elle dira à l’Amérique qu’elle a enfin un partenaire. Le monde saura qu’il faut de nouveau compter avec elle. Elle rentrera dans l’Histoire.

 

A l’Europe en crise, divisée, non durable, il faut des Lincoln. Il lui en faut dans plusieurs Nations. A-t-elle assez de substance pour cela ? Nous le saurons très vite.

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Nouveauté !

Evénements

Aucun événement